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Allemagne: Le bon business de la crise

Alors que le gouvernement Schröder vacille, que les plans d’austérité ne développent aucun effet sinon un mécontentement général et que le chômage se maintient à des hauteurs vertigineuses – 12% des actifs –, certains n’hésitent pas à exploiter le filon de la précarité.

En fin d’année dernière, Zitty, le magazine-agenda branché berlinois, titrait avec un profond sens de l’à-propos: «Das Leben wird Hartz» en référence à Hartz IV, la brutale réforme de l’assurance-chômage qui sonne le glas de l’Etat-providence allemand. Ce plan couple les allocations du chômage et de l’aide sociale au bout d’un an de versement des premières, ce qui entraîne une baisse importante des sommes reçues, soit en tout et pour tout, pour un célibataire, un montant dérisoire de 345 euros par mois plus une aide au logement. Par ailleurs, les bénéficiaires dont le conjoint perçoit une aide jugée suffisante à l’entretien du ménage ou dont le compte épargne est bien garni voient leurs indemnités purement et simplement supprimées.

Autre chapitre essentiel de la réforme, le chômeur est désormais contraint d’accepter n’importe quel travail, quels que soient son niveau de qualification et la rémunération dudit travail. Tous ces points ont été vertement contestés lors de manifestations populaires et syndicales massives quasi hebdomadaires durant plusieurs mois dans tout le pays. Aujourd’hui, alors que le mécontentement s’est en partie essoufflé dans la rue, les syndicats dénoncent une autre mesure conditionnée par Hartz IV: les 1-Euro-Jobs, soient les travaux d’intérêts publics auxquels sont astreints les chômeurs de longue durée. Susanne Stumpenhusen, la présidente du syndicat Ver.di pour la région Berlin-Brandebourg, critique ce système dans les colonnes de la Tageszeitung: «Il paraît clair que les pouvoirs publics ont un grand intérêt à remplacer la main-d’œuvre régulière par des 1-Euro-Jobs afin de diminuer leurs coûts.» Prenons l’exemple des jardins publics berlinois. Depuis 1994, selon Ver.di, mille emplois fixes ont été supprimés dans ce secteur, tandis que le nombre de 1-Euro-Jobs ne cesse de grimper. En juin, environ cinq mille travailleurs sont concernés. Il s’agit donc d’un dumping salarial éhonté organisé par l’Etat, sous couvert de réinsertion professionnelle. Qui plus est, ces travailleurs effectuent leur activité sans contrat de travail, sans formation préalable et sans congés ou jours de maladie payés.

Bourse à l’emploi précaire
Plus immoral encore est le site Internet jobdumping.de lancé en novembre 2004 par Fabian Löw, un diplômé en économie sociale de 31 ans. Le principe? Une bourse à l’emploi classique fonctionnant sur le mode d’eBay inversé et récompensant celui qui surenchérit le plus bas pour une place de travail. Löw revendique le placement de 1300 emplois à ce jour. Évidemment, et c’est le plus lamentable dans cette histoire, la majeure partie des emplois proposés consistent en des tâches ne nécessitant pas ou peu de qualifications préalables, donc les emplois les plus précaires. Parmi, les usagers du site, des femmes de ménage qui se battent pour quelques heures à 6 euros plutôt que des cadres supérieurs – les compétences jouant dans ce cas un rôle bien plus déterminant que le paramètre salarial.

Enfin, dernière innovation plus sympathique engendrée par la crise allemande, le Hartz IV Kochbuch. Ce livre de cuisine concocté par la journaliste Nicole Schlier et la cuisinière Sigrid Ormeloh propose de délicieuses recettes spéciale petits budgets telles que les spaghettis au citron ou les câpres aux pâquerettes. De quoi traverser les périodes de vaches maigres sans se serrer la ceinture. En vente sur Amazon pour 9 euros 25.