Problème de buanderie? Connectez-vous à un site de drague! Photo DR.

Tout trouver sur Grindr – sauf du sexe

Dénicher un plan cul sur les sites de rencontre gay, c’est souvent la galère. Mais aux Etats-Unis, ces services servent aussi à conclure des bonnes affaires ou à obtenir des coups de main parfois providentiels. Avec ou sans sexe à clé.

Quel habitué des sites de rencontre gay n’a pas maudit ces longues nuits passées devant son écran en pure perte, à écumer des messages plus banals les uns que les autres («Tu ch koi?», «Slt», «Envie?»…), ou à chatter interminablement avec un partenaire qui restera à jamais potentiel. Oui, les devises des Gayromeo, Manhunt, Gaydar ou Grindr, «Un mec tout de suite», sonnent bien souvent comme de la publicité mensongère. La quête du «plan» prend du temps – et elle d’autant plus dépensière en heures que l’utilisateur de ces services a d’expériences malheureuses: photos trompeuses, psychopathes en goguette ou rencarts annulés au dernier moment. On devient méfiant, exigeant, indécis… et le pire, c’est qu’on reste encore accroché à son écran, comme aspiré dans un effrayant vortex de frustration.

Hypothèse a priori absurde: et si on laissait tomber le sexe pour échanger autre chose sur les sites de cul? Sur le site américain «Vice», le bloggeur Brian Moylan a récolté quelques histoires d’utilisateurs satisfaits de Grindr, l’application de drague gay la plus populaire Outre-Atlantique. Et selon les témoignages qu’il a recueillis, ce service offre un excellent moyen d’obtenir des coups de main et des bonnes affaires – licites ou illicites.

S.O.S. buanderie
Il raconte l’histoire de Steve, un Américain qui lors d’un séjour au Danemark s’était retrouvé planté devant une machine à laver qu’il n’arrivait pas à faire fonctionner. «J’ai trouvé le premier type raisonnablement mignon et j’ai commencé à chatter avec lui.» Négligemment, au milieu du flirt, il lui a balancé une photo des boutons de commande de la machine. Bingo, le garçon avait la même. L’histoire ne dit pas si Steve et son sauveur ont ensuite profité du programme essorage pour un «plan buanderie», mais le dépannage était malgré tout providentiel.

Moylan cite aussi des amis qui ont récupéré via Grindr des meubles d’occasion à prix modique, ou des étudiants qui se sont corrigés mutuellement leurs travaux de diplôme. Plus intéressant encore: le cas d’une jeune homme en vacances en Floride, qui désespérait de fumer un bon gros pétard. «Je me suis connecté à Grindr. J’ai juste dit hello à tout le monde et demandé s’ils avaient un tuyau pour trouver de l’herbe dans la région. Et finalement, un de ce type en avait un. Il m’a dit de le trouver sur un parking de centre commercial. J’ai juste dû prétendre qu’on était potes parce qu’il y avait son frangin dans la bagnole.» Eh, oui, les flics ne patrouillent pas (encore) sur Grindr.

Enfermé sur le toit
L’histoire la plus jolie est encore celle d’Eric, un Canadien qui se dorait la pilule sur le toit de son immeuble quand quelqu’un a malencontreusement fermé la porte de l’unique accès à la terrasse, l’enfermant à l’extérieur. Heureusement qu’il habitait dans un quartier gay. Il n’a pas mis longtemps à trouver, grâce au réseau de géolocalisation, un de ses voisins. Ce dernier s’est empressé de monter lui ouvrir. Merci Grindr.

Que l’on recherche du sexe ou de menus services sur les réseaux de drague gay, les conditions restent les mêmes: entretenir une certaine tension sexuelle avec les personnes que l’on sollicite et donner une image flatteuse de soi. «Il faut pas être un autre de ces torses sans têtes avec ces abdominaux impossibles, mieux vaut trouver quelque chose de flatteur. Personne ne répondra si tu as l’air d’un chien», avertit l’auteur.

«Tu rêves ou bien?!»
Eh oui, faire marcher la solidarité gay répond donc aux mêmes règles que la vulgaire drague. Et encore: quelque chose me dit que ça marche mieux en Amérique que chez nous. En tout cas, en quelques années de pratique fébrile des chats, j’ai rarement été confronté à des utilisations non-conventionnelles de ces services, sinon des recherches hasardeuses de colocataires (le plus souvent non fumeurs, non lesbiennes, non étrangers et «propre et soigné»), de quatre-pièces avec balcon pour moins de 1000 francs au centre-ville de Genève («Tu rêves ou bien?») ou encore pour des appels de détresse financière ou psychologique tellement inquiétants que je me suis bien gardé d’y répondre.

Et vous, avez-vous obtenu ou offert des coups de main non-sexuels grâce aux réseaux de rencontres gay? Racontez-nous!

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