Zurich: Malentendus autour de la «police gay»

Des deux côtés de la Sarine, l’idée d’une «Police gay pour Zurich» a fait les gros titres de la presse populaire. A l’origine de ce battage, suivi de nombreuses réactions incrédules ou hostiles de la part du public, une interpellation du Conseil municipal de Zurich. L’un de ses deux auteurs, le conseiller municipal vert Martin Abele, s’explique.

Certains médias ont rapproché votre proposition de la mini-crise entre une partie de la scène gay et la police, après des raids effectués dans plusieurs clubs ces derniers mois.
– Ils ont mélangé deux choses qui n’ont rien à voir. Notre interpellation est partie de la constatation de violences homophobes de plus en plus fréquentes. Et le problème – que la Police reconnaît – c’est que les victimes n’osent pas porter plainte. Une telle amélioration serait dans l’intérêt des victimes, mais aussi de la police et de la société en général.

Comment est venue l’idée d’une unité gay dans la police?
– Lors d’un voyage à Sydney, j’ai constaté qu’une telle unité existe et que son expérience est très bonne. Les gays peuvent s’adresser à des policiers gay et être sûr que leur cas sera convenablement traité. Mais il y a bien sûr d’autres possibilités. Nous proposons aussi que les cours de formation sur la violence anti-homo, qui avaient été supprimées, soient reprises. L’exécutif de la Ville a déjà donné son accord sur ce point.

Reste aux policiers gays à se manifester…
– Il y en a eu par le passé. On espère maintenant que des policiers gay et lesbiennes s’ouvrent à l’occasion du CSD. Trois policiers se sont déjà manifestés auprès de Pink Cross.

Comment cette proposition a-t-elle été reçue par les médias et le public?
– J’ai été surpris que sa résonnance ait été aussi grande. Cela dit, dans beaucoup d’articles, la problématique a été raccourcie de telle sorte que le but de la proposition n’était plus très clair. On avait l’impression que les gays voulaient une police à part, pour eux-mêmes. Ce qui n’est évidemment pas notre but.

Cheffe de la police huée

Le désamour entre les gays zurichois et Esther Maurer, membre de l’Exécutif de la ville, s’aggrave. Lors d’un podium public le 14 mai dernier, la responsable de la Police municipale a comparé la situation des gays craignant de porter plainte après des agressions à celle des prostituées illégales. Un rapprochement qui a valu à la magistrate socialiste d’être copieusement huée. Celle-ci a déclaré «n’avoir jamais fait face à un public aussi peu à l’écoute.»

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