Photo Giulia Caramori via FB Pride 2018 - Lugano.

Carton plein pour la Pride de Lugano

La première fête des fiertés LGBT en Suisse italienne a réussi son pari, rassemblant 6000 à 7000 personnes dans une ambiance de joie communicative.

Après des journées ensoleillées, il a fallu que la pluie se mette à tomber pile au départ de la Pride de Lugano! Mais pas de quoi doucher l’enthousiasme des personnes – 6000 à 7000 selon les estimations – venues de toute la Suisse et de l’Italie voisine pour prendre part à cette marche des fiertés historique: la première en Suisse italienne. La manifestation, qui comprenait près de 50 groupes ou associations, s’est déroulée dans une ambiance de fête le long du lac de Lugano.

Plusieurs élus, dont le très applaudi syndic de Lugano Marco Borradori, étaient en tête du défilé. «Nous sommes très contents parce que les participants sont les personnes LGBT mais aussi toutes les qui ont voulu se mettre de notre coté, celui de la liberté et de l’égalité des droits», s’est-il félicité au micro de la RSI. A ses côtés se trouvait également l’ancienne députée italienne Vladimir Luxuria, icône du mouvement LGBT transalpin, notamment en tant que première trans à siéger dans un parlement national, en 2006.

Aucun incident
Les médias de Suisse italienne ont relevé la bonne humeur qui régnait sur le parcours. Une ambiance qu’aucun incident n’est venu perturber. Le groupe catholique ultraconservateur Helvetia Christiana, qui s’était vu refuser l’autorisation d’organiser une prière publique en marge de la Pride, ne semble pas s’être manifesté.

La Pride s’est poursuivie au Village du Campo Marzio avec les discours officiels, dont celui du conseiller fédéral libéral-radical Ignazio Cassis. Le chef du Département des affaires étrangères a livré 5 minutes d’une allocution quadrilingue plutôt convenue, rappelant l’engagement de la diplomatie suisse pour les droits des LGBT au niveau international et celui de son parti pour le partenariat enregistré ou l’adoption par le conjoint de même sexe. Pas un mot, en revanche, sur les combats à venir. Enfin, Ignazio Cassis a salué le «courage» des organisateurs de la Pride et des autorités locales: «Vous avez montré qu’il est possible d’organiser une telle manifestation dans une région comme la nôtre, historiquement contrainte par des valeurs conservatrices et d’inspiration catholiques. Ces deux esprits, la fierté de la Pride et l’ADN de notre canton, ne doivent pas être contradictoires. Faisons de cette fête un moment d’inclusion et non d’exclusion, de compréhension et non de dissension, d’éloge de la diversité et non de revendications provocatrices.»

La saison des fiertés LGBT continue avec le rendez-vous annuel du Zurich Pride Festival, le 16 juin. Un événement qui coïncide avec la Marche de Lyon. Pour la Suisse romande, il faudra attendre 2019, et une Pride qui fera son retour à Genève, huit ans après sa dernière édition au bout du lac.

Les images tournées par la Rete Tre, le «Couleur 3» tessinois, qui était partenaire de l’événement:

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