Genève, future «capitale LGBTI+»?

En pleine campagne électorale, Ensemble à gauche a déposé neuf objets devant le Grand Conseil. Avec pour ambition de mettre le canton du bout du lac à la pointe des droits LGBT.

Ce ne sont pas moins de neuf objets, résolutions et motions, que le groupement de partis politiques Ensemble à Gauche a déposé devant le Parlement genevois hier. La coalition a décidé de ne pas faire les choses à moitié. L’ensemble des textes couvre à peu près toutes les évolutions législatives que la communauté LGBTI demande depuis tant d’années.

Le premier texte est une résolution à l’égard de l’assemblée fédérale et reprend dans les grandes lignes les volontés d’évolution contenues dans les textes déposés au niveau genevois. Il demande d’ouvrir le mariage civil aux couples de même sexe, d’ouvrir le partenariat enregistré aux couples de sexe opposé, d’ouvrir plus largement le droit à l’adoption, notamment aux couples de même sexe; d’étendre la Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes aux LGBTI; de protéger, dans la même loi, les personnes LGBTI, de toutes formes de discriminations; de garantir aux personnes trans* le droit de prendre leurs propres décisions concernant les traitements et les soins médicaux dont elles peuvent bénéficier, sur la base d’un consentement informé; de reconnaître les discriminations et persécutions en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre comme un motif d’asile et de créer des structures ainsi que des procédures apportant une attention particulière aux personnes LGBT en procédure d’asile en Suisse et enfin de permettre aux personnes de pouvoir se définir en tant que «femme», «homme» ou «autre» dans les registres de l’état civil ainsi que les documents officiels.

Registre des actes homophobes
Ensemble à Gauche veut même aller plus loin au niveau cantonal et demande formellement au Département de la sécurité de désormais prendre en compte dans ses statistiques les violences à caractère homophobe. Des chiffres qui sont absent des registres genevois actuellement. Afin de compléter le dispositif, la gauche de la gauche veut en outre que Genève participe à la création d’un Centre d’écoute LGBTIphobies indépendant de l’Etat, offrant gratuitement et confidentiellement écoute, conseil, soutien psychosocial, médiation et aide juridique, etc., en collaboration avec les associations œuvrant dans le domaine de la défense des droits des personnes LGBTI, sur le modèle du Centre d’écoute contre le racisme.

La formation politique souhaite également un changement de la Constitution pour inclure les personnes trans* dans le principe de non-discrimination, mais aussi une obligation de prévention à l’école concernant les questions de genre. Pour les personnes intersexuées il est demandé de mettre fin au opérations d’assignation chez les jeunes. A tout ceci s’ajoute d’autres textes en matière d’égalité salariale et de respect de ce principe pour l’octroi des subventions.

Tempo législatif
Autant dire tout de suite que la partie n’est pas gagnée. Ensemble à Gauche est une formation minoritaire pour qui atteindre le quorum lors des prochaines élections cantonales n’est pas quelque chose d’acquis. Quant aux chances de faire voter par les 100 députés ces textes, Julien Repond, assistant politique d’Ensemble à Gauche, se veut confiant: «Sur ces questions-là nous pouvons en général compter, en plus des partis de gauche, sur des élu-e-s de formations comme le PDC et le PLR.» Après avoir été déposés, les textes devraient être envoyés en commission. Les différents objets pourraient alors être retravaillés par les élus afin qu’un consensus politique puisse éventuellement se dégager sur la question. Nous le savons, le tempo législatif est lent. Quoiqu’il en soit, on croise les doigts.

2 comments

Ensemble à Gauche qui réinvente la roue LGBT à deux semaines des élections, je trouve ça un peu fumeux. Surtout que certaines des propositions paraissent inapplicables au niveau cantonal ou redondantes par rapport à des dispositifs existants.

Ensemble à Gauche travaille depuis 8 mois sur ces textes, réalisés sur la base de discussions avec des expertes universitaires du sujet. De plus, la Fédération des associations LGBT a relu et commente chacun des projets de loi. Tout ce que nous proposons est réalisable au niveau cantonal, mis à part une résolution visant à faire pression sur Berne.

Julien Repond

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