Trois outings juste pour rire

Le Conseil suisse de la presse a rejeté la plainte d’un lecteur qui jugeait problématique un article de «Blick am Abend» qui ironisait sur l’allure de candidats à la «Bachelorette».

Spéculer sur l’orientation sexuelle d’un individu, fût-il une «célébrité» de téléréalité, n’est pas forcément contraire à l’éthique journalistique. Ainsi le Conseil suisse de la presse a-t-il classé la plainte d’un lecteur du gratuit alémanique «Blick am Abend». Dans un billet satirique d’avril 2017 intitulé «Au moins trois homos», l’auteure avait consulté une prétendue «experte en gaydar», la «drag-queen Gossipa». Cette dernière était chargée de débusquer des gays participant à l’émission «Bachelorette», sur la chaîne privée suisse 3 Plus.

Dans le «freak-show» de candidats rivalisant pour séduire la belle Eli Simic, trois étaient désignés comme probablement gays: Daryl, en costard à fleurs («Aucun hétéro ne mettrait sa main comme ça sur ses poches de pantalon»), Josué et ses «tattoos de joueur de Jass» et Adrian, dont le regard «pourrait aussi mater des mecs».

Hétéronormatif
Selon le lecteur, l’article était discriminatoire, et confortait une image «hétéronormative». Mais le Conseil suisse de la presse a estimé que l’article «ne présentait pas l’homosexualité de manière dégradante», même s’il a convenu de l’utilisation de «clichés faciles». Quant au qualificatif de «freak-show», l’autorité a estimé qu’il visait l’émission entière, et non les trois candidats désignés comme gays.

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