«No-Billag» et les LGBT

Les associations lesbiennes, gay, bi et trans se tiennent à distance du débat qui se joue sur l’avenir de l’audiovisuel public suisse, malgré des tentatives de les inclure dans la mêlée, en vue de la votation du 4 mars.

Faut-il que le contribuable continue à financer un secteur audiovisuel public? A six semaines du vote sur l’initiative «No-Billag», lancée par la droite libérale et nationaliste, le débat va crescendo. Un des angles de bataille des opposants au texte est la défense des minorités, principalement linguistiques, puisque le système actuel accorde une part des revenus aux latins supérieure à leur poids démographique. Mais on parle aussi des sourds (sous-titrage) et des malvoyants (audiodescription), par exemple.

Et les LGBT? Même si leur représentation ne fait pas partie des missions de service public de la SSR, certains partisans de l’initiative «No-Billag» estiment que l’audiovisuel public a un agenda caché dans ce domaine. Ainsi a-t-on pu lire sur un compte Facebook intitulé STOP Billag: «La RTS et les médias en général sous couvert de prendre le parti des minorités et des injustices contribuent à la promotion de certaines dérives morales de notre époque». L’auteur de ces lignes prenait pour exemple un récent reportage sur l’accueil des enfants trans dans les écoles vaudoises et genevoises, dénonçant: «La tribune médiatique accordée à ce lobby [LGBT] n’est pas équitable.»

Le spectre du lobby LGBT
Entre-temps disparu du web, tout comme la page STOP Billag, ce post a créé un certain émoi, déclenchant de nombreuses réactions, quelquefois positives et le plus souvent indignées. En Suisse alémanique, où la campagne contre la redevance est particulièrement chaude, la dénonciation du lobby LGBT est également sous-jacente à la campagne contre une SSR perçue comme «partiale», voire «gauchiste» par la droite populiste. En réponse à ces accusations, certains partisans du «non» à No-Billag ont intégré la question de la défense de la diversité dans leur argumentaire. C’est le cas de la campagne des radios locales alémaniques Nein-zu-Nobillag, qui mentionne la «production d’émissions sur ou par la communauté LGBT» dans sa défense de l’audiovisuel public.

Alors que les prises de positions (artistes, Eglises, sportifs, journalistes…) se succèdent à six semaines du vote, les associations et fédérations LGBT se tiennent pour l’instant à distance du débat. Seule Gayradio, émission diffusée sur Radio Rabe et Radio LoRa, assure qu’un «oui» à No-Billag «volerait à la communauté LGBT une plateforme importante» et porterait «atteinte à la visibilité de nombreuses minorités, parmi elles les LGBT».

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En parlant de « dérive morale », sous couvert de prendre le parti de la majorité silencieuse, le compte STOP BILLAG a l’air de bien s’y connaître.

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