Le GSN fête ses 30 ans

Samedi prochain, le Groupe Sida Neuchâtel (GSN) célèbre trois décennies d’activités avec une soirée à la Case à Chocs. L’occasion de se retrouver, de se rencontrer et de simplement prendre une place qui n’est pas toujours donnée.

Quand naît le GSN en 1988, la communauté homosexuelle suisse est en période de forte mobilisation. Au milieu des années 80, celle-ci, déjà bien active dans la lutte pour ses droits, fait face à l’ampleur de l’épidémie du Sida. Le GSN naît alors pour accompagner la phase de développement de la prévention et des soins. Dès 1996, la trithérapie offre une alternative, transformant progressivement cette maladie mortelle en maladie chronique. L’épidémie se stabilise. Mais la question de l’accès aux soins se pose alors: tout le monde n’est plus égal face à la maladie. Après 2002, c’est le revers de la médaille et on observe une recrudescence de rapports non protégés: les chercheur·es parlent d’une «normalisation de la maladie».

Aujourd’hui, en Suisse, elle continue de toucher 8 personnes sur 100’000, pour 6 au niveau européen selon des chiffres de l’OFSP datant de mai 2014. Dans leur mission, la difficulté du Groupe Sida à Neuchâtel se trouve peut-être dans l’absence de scènes dédiées à la communauté LGBTIQ. Difficile de faire de la prévention quand il n’y a pas d’espaces ou de temps stratégiques pour le faire.

Collaborations
Une des solutions de ces groupes-là (on retrouve le même modèle à Fribourg avec l’Empreinte), est de collaborer avec une association, à Neuchâtel l’association Togayther. Si les mandats du GSN permettent à celui-ci de faire des dépistages, ce n’est pas le cas des associations. Togayther fait avant tout de la prévention et des actions politiques visant à favoriser l’intégration des jeunes LGBTIQ. La collaboration de l’un avec l’autre a permis le soutien et la finalisation de nombre de projets sociaux. Selon Vincent Jobin du GSN, la ville ne bénéficie pas d’une structure vraiment forte. D’où l’importance d’une collaboration avec les associations.

Mais on peut également travailler sur les leviers d’accessibilité du groupe et en cela, le GSN est un «modèle de flexibilité», selon Florent Jouinot de l’Aide suisse contre le sida. Plus le seuil d’accès est bas, plus le public sera nombreux. Si certains de ces leviers sont structurels: des horaires larges, une localisation proche, et si une prise de rendez-vous est inévitable, faire en sorte de raccourcir autant que possible le temps d’attente (car l’angoisse qui motive la consultation redescend vite avec le temps), d’autres sont subjectifs. Ils peuvent par exemple viser à proposer un personnel issu de la communauté LGBTIQ.

Vincent Jobin, a pour sa part décidé de se rendre «identifiable» en tant que «conseiller gay»: lorsque sa présence est annoncée sur les événements, les visites se font plus nombreuses. De la même manière, si l’association partenaire est pertinente, on observe une hausse de participation. Les actions communautaires viennent légitimer les projets au regard des personnes concernées.

Le 9 juin, le gala annonce un programme festif: un repas gastronomique en début de soirée, suivi d’un spectacle de transformisme pour finir sur un set de DJ Techno/House. Une soirée organisée par et pour la communauté LGBTIQ et qui s’annonce haute en couleurs.

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