La barbarie homophobe de l’EI au menu du Conseil de sécurité

Le Chili et les Etats-Unis ont organisé hier une réunion informelle consacrée aux mises à mort de présumés homosexuels en Irak et en Syrie. Une première à ce niveau de l’ONU.

C’est une première d’importance symbolique qui s’est déroulée hier, lundi 24 août, devant le Conseil de sécurité. Au cours d’une réunion informelle à huis-clos, cet organe capital de l’ONU s’est penché sur le meurtre d’homosexuels présumés par l’organisation Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Jamais encore le conseil de sécurité ne s’était réuni pour évoquer des questions LGBT.

«Les images et vidéos atroces qui documentent l’horrible violence de l’EI sont un rappel obsédant de la capacité humaine à faire le mal»

Selon les organisations de défense des droits des personnes LGBTI, une trentaine de personnes ont été précipitées du haut d’immeubles, lapidées ou décapitées au terme de procès expéditifs depuis l’automne 2014. Plusieurs de ces mises à mort ont été filmées et photographiées à fins de propagande par le groupe jihadiste. «Les images et vidéos atroces qui documentent l’horrible violence de l’EI sont un rappel obsédant de la capacité humaine à faire le mal», a estimé Chad Griffin, président de l’ONG américaine Human Rights Campaign. Sa collègue Jessica Stern, de l’International Gay and Lesbian Human Rights Commission, a soulevé que cette propagande était à même d’encourager les violences homophobes perpétrées par d’autres milices ou par des acteurs privés.

Témoins

«Mon père aurait été heureux de me livrer à l'EI»
«Mon père aurait été heureux de me livrer à l’EI»
La réunion a notamment donné à entendre les témoignages de deux rescapés: un réfugié syrien ayant fui la ville d’Idleb et un Irakien, qui s’est exprimé par téléphone depuis un lieu non révélé. Pour Jessica Stern, leur histoire montre à quel point le déferlement de haine à l’encontre des LGBT dans la région «existe dans un continuum de violence et de discrimination avant, pendant et après le conflit». Elle a demandé la création de refuges en Irak même pour protéger les personnes visées et, à l’étranger, pour un meilleur accueil pour les demandeurs d’asile LGBTI.

En plus des deux pays organisateurs de l’événement, les Etats-Unis et le Chili, les membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité ont tous envoyé un représentant à la réunion (Chine, France, Royaume-Uni et Russie, Espagne, Jordanie, Lituanie, Malaisie, Nigeria, Nouvelle-Zélande et Venezuela). Seuls l’Angola et le Tchad manquaient à l’appel, note RFI. «Aujourd’hui, une porte a été ouverte, s’est félicitée Jessica Stern. La communauté internationale doit comprendre la persécution anti- LGBT comme une composante de la façon dont l’EI traite ceux qu’il qualifie d’impurs.»

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