Manif pour l'abrogation de l'article 534, lors de l'IDAHOT, en mai 2018 à Beyrouth. Photo: Helem/FB.

L’homosexualité n’est pas un crime, tranche la justice libanaise

C’est la première fois qu’une Cour d’appel statue sur l’inapplicabilité de l’article 534 du Code pénal, qui prévoit 1 an de prison pour actes «contre nature».

Un des pays arabes les plus porteurs d’espoir pour les LGBT a passé jeudi une nouvelle étape vers la dépénalisation de l’homosexualité. La Cour d’appel pénale du Mont-Liban a confirmé l’acquittement de neuf hommes poursuivis sous ce chef d’accusation. L’article 534 du Code pénal libanais prévoit un maximum de 1 an de prison pour les relations sexuelles contre nature. Mais la juge a considéré qu’il n’était pas applicable en l’espèce, le législateur ne cherchant pas à punir «les déviations sexuelles», mais plutôt «l’atteinte à la pudeur publique».

En janvier dernier, un tribunal de première instance avait déjà blanchi les accusés, soulignant que l’homosexualité était une «expression des droits fondamentaux».

Un progrès très important
«Il s’agit d’un progrès très important vers la fin de l’homophobie», a commenté l’avocat Karim Nammour, membre de l’ONG Agenda légal, interrogé par «L’Orient-Le Jour». D’autant, selon lui, que «cet arrêt est de nature à exercer à l’avenir une certaine influence sur les juges pénaux de première instance.»

Le pays du Cèdre est fort d’une communauté LGBT organisée, notamment autour de l’association Helem, qui a salué l’arrêt de la Cour d’appel. L’organisation s’est notamment mobilisée avec succès contre les raids policiers dans des lieux de rencontres gay ou la pratique des tests anaux visant à incriminer des homosexuels.

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