La Pride in London (ici celle de 2016) sera célébrée samedi. Photo: Katy Blackwood / CC BY-SA 4.0

6 millions pour améliorer la vie des LGBT

Dans un effort dont les Européens feraient bien de s’inspirer, le gouvernement de Theresa May a présenté un plan pour éradiquer les «thérapies de conversion», ainsi que mieux répondre aux violences et aux inégalités.

Les thérapies prétendant changer l’orientation de personnes homosexuelles devraient être bientôt mises hors la loi au Royaume-Uni. La mesure fait partie d’un plan dévoilé hier par la Première ministre conservatrice Theresa May pour améliorer la vie des personnes LGBT. Les «thérapies de conversion» ont déjà été bannies par les services de sécurité sociale et par l’association des psychothérapeutes britanniques. Elles persistent toutefois, notamment dans les institutions religieuses. En Europe, seule Malte a interdit ces pratiques, tandis que plusieurs autres pays, dont la Suisse, y songent.

Outre cette mesure emblématique, qui était réclamée notamment par l’opposition travailliste, Theresa May a dévoilé plusieurs autres projets basés sur une enquête réalisée auprès de 108’000 personnes de juillet à octobre 2017. Ce vaste sondage a montré que 68% des LGBT britanniques évitaient de se tenir par la main en public, et 70% préféraient parfois taire leur orientation. «On ne devrait jamais être contraint de cacher qui on est et qui on aime. Le plan mettra sur pied des mesures concrètes pour réaliser des changements véritables et durables à travers toute la société», a estimé la Première ministre.

Sécurité, santé et état civil
Le plan prévoit ainsi un programme de formation des forces de l’ordre sur le thème des agressions et du harcèlement homophobes et transphobes. Quatre sondés sur dix ont rapporté avoir été attaqués en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre. Autre nouveauté: la création d’un poste de haut conseiller à la santé LGBT, chargé notamment de réduire les inégalités dans l’accès aux soins. Enfin, Theresa May a annoncé la mise en chantier d’une réforme de l’état civil dans le sens d’une meilleure reconnaissance des réalités transgenres.

Le gouvernement a prévu un budget de 5,9 millions de francs (4,5 millions de livres) pour lancer ces mesures, saluées par l’organisation Stonewall comme une réponse aux aspirations des citoyens LGBT. Le militant Peter Tatchell s’est montré nettement plus réservé, qualifiant le montant du budget de «dérisoire et insultant», et déplorant l’absence de mesures contre l’expulsion de réfugiés LGBT, rapporte «The Guardian».

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