Quand l’équipe russe marque… pour la cause LGBT

Prenant le contrepied des manifestations contre le Mondial qui vient de débuter en Russie, un bookmaker a promis de faire un don à des organisations LGBT à chaque but de la Sbornaya.

Le bookmaker Paddy Power a trouvé une manière insolite de soutenir la lutte contre l’homophobie pendant le Mondial qui a démarré hier en Russie. En collaboration avec le magazine gay britannique «Attitude», la compagnie basée en Irlande a promis pour chaque but de l’équipe russe un don de 11’000 euros (13’000 francs) pour des initiatives qui «combattent les préjugés anti-LGBT+ sur et hors du terrain», soit pour des programmes d’éducation à l’égalité dans le domaine du sport.

L’opération, promue avec une pointe d’humour beauf («Ils ont inventé les poupées russes, on aurait cru qu’ils n’avaient pas de problèmes avec les femmes entre elles»), a manifestement bien commencé. Pas moins de cinq goals ont été marqués par la Sbornaya, pourtant loin d’être une des équipes favorites du tournoi, contre l’Arabie saoudite.

La campagne a reçu le soutien de plusieurs figures LGBT du monde sportif, dont l’ex-rugbyman gallois Gareth Thomas, la footballeuse anglaise Lianne Sanderson, la médaillée olympique de décathlon américaine Caitlyn Jenner.

Premiers incidents
Dans le même temps, cette première journée de Coupe du monde a été marquée par le passage à tabac d’un couple d’hommes à Saint-Pétersbourg. Les circonstances de l’incident, rapporté par un site russe, sont floues. Les victimes seraient des supporters de l’équipe de France agressés dans un taxi. L’un d’eux aurait été hospitalisé avec des lésions crâniennes et une fracture de la mâchoire. Deux suspects auraient été arrêtés.

Pendant ce temps, à Moscou, des manifestants LGBT ont été arrêtés près de la place Rouge. Parmi eux se trouvait le militant britannique Peter Thatchell arborant une pancarte qui dénonçait l’inaction du président Vladimir Poutine «face à la torture des personnes gay en Tchétchénie». Il a été libéré quelques heures plus tard.

Pour illustrer l’ambiance assez peu gay-friendly de cette grande fête du foot, des miliciens cosaques ont annoncé qu’elles patrouillaient la ville de Rostov-sur-le-Don – où l’équipe Suisse affronte le Brésil dimanche – pour réprimer d’éventuels homosexuels qui auraient l’impudence de s’embrasser en public.

À lire également