Le New Emprie, le pub visé par Ethan Stables.

Internement pour l’apprenti terroriste «bisexuel»

Aspirant néo-nazi, Ethan Stables avait menacé de faire un «carnage» lors d’une soirée gay dans un pub du nord-ouest de l’Angleterre, en juin 2017. Un arsenal avait été retrouvé chez lui.

Ethan Stables, un Britannique de 21 ans, a été condamné hier à un internement d’une durée indéfinie. C’est l’épilogue d’une affaire qui a secoué Barrow-in-Furness, une ville du nord-ouest de l’Angleterre. Le 23 juin 2017, la police s’était déployée pour protéger un pub, le New Empire, qui organisait une soirée Gay Pride de soutien au groupe LGBT local.

Quelques heures plus tôt, Stables avait posté des messages où il affirmait qu’il allait «partir en guerre» et faire un «carnage», montrant la photo d’une machette qu’il venait d’acheter. «Je ne veux pas vivre dans un monde gay, et je ne veux pas que mes enfants y vivent non plus. Qu’est-il arrivé à nos traditions?» Ce soir-là, le jeune homme avait été arrêté alors qu’il sortait de chez lui, sans armes. A son domicile, la police avait découvert, au milieu d’un vrai capharnaüm, différentes armes, un manuel et du matériel destiné à la fabrication d’une bombe et un grand nazi recouvrant un mur. Dans son ordinateur, les enquêteurs avaient retrouvé une foule de recherches sur internet à propos de la possibilité de commettre différents types d’attentats, de l’attaque chimique à la tuerie à l’arme blanche.

Au terme de son procès, en février à Leeds, le jeune chômeur a été reconnu coupable de préparation d’un acte terroriste, de menaces de mort et de possession d’explosifs. Les jurés ont pris connaissance des messages de haine contre les juifs, les musulmans et les homosexuels sur les réseaux sociaux. Il y avait diffusé une vidéo où il mettait le feu à un drapeau arc-en-ciel. Pour sa défense, Stables a affirmé que tout ce qu’il avait voulu, c’était impressionner ses contacts dans les milieux d’extrême droite, où il espérait désespérément se faire admettre. Il a aussi surpris la cour en avançant qu’il était lui-même bisexuel, et donc ne pouvait pas être homophobe.

Réaction in extremis
Ethan Stables a bénéficié des expertises psychiatriques, qui ont décelé chez lui une forme d’autisme. Son procès a toutefois mis en évidence la dangerosité de ce garçon isolé, jeté dehors par sa mère à 17 ans après qu’il avait menacé de la décapiter et de brûler la maison. La presse locale s’est interrogée sur le caractère tardif de son arrestation, possiblement juste avant un passage à l’acte. Car Stables postait à tort et à travers sur les réseaux sociaux, invitant des gens au hasard dans son groupe ouvertement néonazi. C’est finalement une internaute qui a alerté la police après quatre signalement infructueux auprès de Facebook. «On est passé près d’un autre Admiral Duncan», a résumé à la BBC le militant LGBT local Lee Wicks, allusion au pub londonien où un terroriste d’extrême droite avait fait exploser une bombe, en 1999, tuant trois personnes.

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