Tachkent.

Oui aux droits de l’homme… sauf à ceux des homosexuels

Devant l’ONU, l’Ouzbékistan s’est engagé à une vaste réforme en faveur des libertés publiques. Mais pas question de décriminaliser l’homosexualité, a prévenu le régime de Tachkent.

C’est dans un nouveau climat, apparemment plus ouvert aux droits humains, que l’Ouzbékistan s’est présenté récemment devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à Genève, pour son examen périodique universel. Le pays de 32 million d’habitants, qui sort du long règne du président autocratique Islam Karimov, décédé en 2016, s’est engagé à appliquer quelque 200 recommandations onusiennes dans le cadre d’un effort pour sertir de son isolement international et attirer des investisseurs, rapporte l’agence Reuters. Cela a commencé par la libération de plusieurs prisonniers politiques et des mesures contre la torture et le travail forcé.

Un grand vent de liberté? Pas pour tout le monde. Tachkent a en effet fixé une seule et unique ligne rouge: il n’y aura pas de décriminalisation de l’homosexualité. «Ce n’est pas à notre ordre du jour. Nous n’acceptons pas cette recommandation», a asséné mercredi le vice-ministre de la Justice, Mahmud Istamov. Pour justifier ce refus, il n’a pas évoqué la «pureté morale» chère à l’ancien président ou d’autres prétextes. Le sujet des droits LGBT «ne s’applique pas à nous», a-t-il simplement lâché. Autrement dit, l’homosexualité n’existe pas en Ouzbékistan.

3 ans de prison
Pourtant l’Ouzbékistan dispose d’une loi antigay. Le pays est ainsi, avec le Turkménistan, l’une des deux seules ex-républiques soviétiques à faire des relations sexuelles entre hommes (mais pas entre femmes) un crime, passible de 3 ans d’emprisonnement. Ces sanctions seraient peu appliquées, mais serviraient à étouffer tout mouvement LGBT dans un pays à 90% musulman.

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