Black-out sur la Pride de Beyrouth

Le festival Beirut Pride, qui devait durer jusqu’à dimanche, a été suspendu après un raid policier et des arrestations. La manifestation, qui en est à sa deuxième édition, est accusée d’«incitation à l’immoralité».

Du courage, il en faut pour organiser une Pride dans un pays arabe. A Beyrouth, un festival mêlant spectacles, discussions et fêtes dans des lieux culturels, avait ainsi réuni quelque 4000 participants sur une semaine l’an dernier. L’édition 2018, qui a commencé samedi passé et devait s’achever dimanche, s’avère plus mouvementée.

Les problèmes ont débuté avec l’appel d’une ligue islamique à mobiliser ses membres contre la manifestation, forçant l’annulation d’activités pour des raisons de sécurité. Dimanche soir, la situation s’est corsée avec la descente d’agents de la censure et de la police des mœurs dans un théâtre où devait se dérouler une lecture. Trente-neuf personnes ont été arrêtées et placées en détention, dont Hadi Damien, coordinateur de la Beirut Pride.

«Incitation à l’immoralité»
Hier mardi, tout le monde était libre, mais la justice libanaise a ordonné la suspension du festival, accusé d’«incitation à l’immoralité». «Je suis heureux que les enquêteurs ne m’aient pas importuné, et ne m’aient pas attaqué physiquement ou verbalement», a raconté Hadi Damien dans un communiqué, qui précise que ce ne serait pas le cas de toutes les personnes interpellées, ressorties de l’interrogatoire avec des bleus. Selon lui, la dénonciation s’appuie sur la diffusion d’un faux programme de la manifestation.

L’homosexualité reste passible d’une année de prison au Liban, même si sa capitale a vu fleurir ces dernières années des lieux de convivialité gay et des associations de défense des droits LGBT dans un climat politique toujours extrêmement tendu.

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Qu’est-ce qui est moral ? Il faudrait poser la question à un grand moraliste, par ex, Tarik Ramadan qui fait parler de lui en ce moment.

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