Photo: Gage Skidmore/flickr CC BY-SA 2.0

La diplomatie US confiée à un proche des lobbies antigay

Les organisations LGBT américaines ont tenté – en vain – d’empêcher la nomination au Département d’Etat de Mike Pompeo, ultraconservateur directeur de la CIA.

Sous l’administration Obama, la diplomatie américaine avait pris une place importante dans la défense des droits des minorités, notamment en Afrique ou en Europe de l’Est. Cette orientation n’avait pas été remise en cause lors de l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Jusqu’à maintenant. Jeudi, le Sénat américain a confirmé la nomination de l’ultraconservateur Mike Pompeo comme nouveau secrétaire d’Etat, en remplacement de Rex Tillerson. Ancien directeur de la CIA, Pompeo est qualifié par les médias américains du ministre le plus ouvertement homophobe jamais entré à l’Exécutif.

Pompeo a de nombreuses fois exprimé son opposition au mariage égalitaire, à l’intégration de soldats ouvertement gay et lesbiennes dans les forces armées US ou encore son soutien aux pseudo-thérapies de conversion. Des convictions répétées lors de son audition devant le Sénat cette semaine.

Le désormais ministre des Affaires étrangères est également un proche du Family Research Council (FRC), un des plus influents et des plus virulents lobbies antigay aux Etats-Unis. Durant son mandat à la tête de la CIA, Mike Pompeo n’a pas hésité à consulter le président du FRC, Tony Perkins, dénonce l’organisation LGBT Glaad, qui a tenté de mettre en garde les sénateurs.

Le spectre du «Kill the Gays bill»
«Comment Mike Pompeo peut-il être chargé de s’élever contre la violence et les atrocités infligées aux personnes LGBTQ dans le monde, quand il s’aligne sur les positions d’un groupe qui soutient, voire encourage, cette violence?» a souligné la Glaad

Le défis sont nombreux, alors que les LGBT ont été visés par des arrestations de masse en Russie, en Egypte, en Indonésie ou en Azerbaïdjan au cours de l’année 2017. Un signe inquiétant: alors que Donald Trump venait d’annoncer le choix de Mike Pompeo comme secrétaire d’Etat, des politiciens en Ouganda ont indiqué que le «Kill the Gays bill» était de nouveau sur la table. En 2013-2014, ce projet d’instauration de la peine de mort pour les actes homosexuels, largement inspiré par des mouvements missionnaires américains, avait provoqué un tollé international. Mais l’«ami» de Mike Pompeo, Tony Perkins, avait alors milité pour que les Etats-Unis ne condamnent pas Kampala. Il était même allé jusqu’à défendre le «Kill the Gays bill» comme un instrument de «maintien de conduites morales».

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