Les égouts, ultime refuge des jeunes LGBT jamaïcains

Un tribunal de la capitale a appelé la police de cesser ses raids contre les adolescents gays et trans qui, rejetés de partout, dorment dans les conduites.

Dans un arrêt rendu le 7 mars dernier, un juge de New Kingston a estimé que les jeunes homos et transsexuels ne pouvaient être chassés des égouts où ils ont trouvé refuge. La décision fait suite à plusieurs raids visant à déloger les squatteurs, sous le prétexte qu’ils «attirent les criminels». Les plus jeunes d’entre eux ont 12 ans. Ils survivent le plus souvent en se prostituant, après avoir été jeté à la rue par leur famille et exclus des foyers d’accueil.

«Énervés à juste titre»
Les jeunes présentés au juge comparaissaient pour s’être opposés à l’intervention des policiers et pour avoir proféré des jurons – un délit, selon la loi jamaïcaine. «Ils étaient énervés à juste titre, comme ils n’ont nulle part ailleurs où aller, a expliqué la militante Yvonne McCalla-Sobers au site britannique Gay Star News. La police les a déjà chassé de tout leurs squats.»

En octobre dernier, des policiers avaient évacué et incendié une maison occupée par des homosexuels à New Kingston – brûlant les maigres possessions des squatteurs. Un mois plus tôt, quatre hommes avaient échappé à une foule qui avaient bouté le feu à leur refuge, à Montego Bay. La maison avait hébergé Dwayne Jones, l’adolescent transsexuel poignardé à mort au mois de juillet.

Vulnérabilité
«Bien que le commissaire à la police de Jamaïque a émis une directive exigeant que les LGBT ne fassent pas l’objet de discrimination, il est clair qu’il y a encore beaucoup à faire pour que les agents respectent et soutiennent les droits humains des gays vulnérables dans ce pays», a estimé Maurice Tomlinson. Cet avocat et activiste LGBTI a récemment réalisé une vidéo sur la vie des jeunes gay et trans dans les égouts (voir ci-dessus).

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