Sélection témoignages

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«Nous, enfants d’homos», Kaim Stéphanie, Editions de La Martinière

La question que tout le monde se pose: les homos font-ils de bons parents?
Pour y répondre qui de mieux placé que les enfants d’homos eux-mêmes. Stéphanie Kaim a enquêté plusieurs mois entre la France et la Californie. Elle a rencontré des enfants d’homo de différentes générations, de différents milieux. Filles et fils d’homosexuel-le-s, ils racontent comment ils se sont construits et répondent sans fausse pudeur à des question cruciales. Se sent-on vraiment un enfant ou un adolescent comme les autres quand on a grandi auprès de parents homosexuels? Quelle image se fait-on des hommes quand on évolue dans un milieu de lesbiennes hippies et féministes issus des années 70 et 80? Quelle est notre sexualité quand on a été élevé par des gays et/ou des lesbiennes? Quel regard porte la communauté gay sur les enfants d’homos?

«Maman, Mamour, ses deux mamans: Grandir dans une famille homoparentale», Brigitte Celier, Editions Anne Carrière, Collection: Récit

1985: Deux jeunes femmes s’aiment et désirent fonder une famille. Mais comment? 2006: Leur fille a maintenant 20 ans. Elle est belle, heureuse… et bien armée pour la vie. Entre-temps, il aura fallu aux deux mères beaucoup d’intelligence, de courage et d’amour pour faire face, jour après jour, à son éducation dans une situation socialement inhabituelle…
Un témoignage de mamans sur la façon dont leur famille s’est construite dans les année 80, alors que le mot homoparentalité n’existait pas encore.
Brigitte Célier est née à Clermont-Ferrand, en 1953. Elle travaille comme psychologue au sein de l’Institut national de la formation de la police nationale.

«Deux femmes et un couffin: Une histoire d’adoptions homoparentales», 
Claire Altman, Edition Ramsay

Deux femmes et un couffin est l’histoire de deux femmes qui décident que leur tour est venu de donner naissance à une famille. Gageure? Impossible pari? A la fin des années 80, l’homoparentalité est terra incognita, l’homosexualité ne se revendique pas, elle se laisse tolérer, reléguer à la marge. Elle interdit en tout cas la vie de couple, la vie de famille.
D’emblée, l’une de ces femmes, Sophie, a choisi d’adopter, l’autre, Claire la narratrice, aimerait porter son enfant. se mettant en quête d’un père potentiel. Comment faire cependant? De la fausse bonne idée du recours au cercle familial (le «beau-frère») aux petites annonces lancées dans le journal Libération comme autant de bouteilles à la mer, c’est une suite d’aventures tragi-comiques qui les mèneront de l’Europe du nord au Moyen-Orient, en pure perte.
Leurs chemins alors se rejoignent pour affronter ensemble l’odyssée de deux adoptions. Elles devront surmonter les épreuves et investigations réservées à ceux et celles qui ont choisi ce parcours du combattant, à la différence près que, pour elles, bien évidemment, tout est doublement plus compliqué. Ce livre, qui se déroule comme un roman, veut témoigner de l’universalité du désir d’enfant, désir qui n’est pas soluble dans la nomenclature des orientations sexuelles.
La famille enfin formée, ramenée du bout du monde, rayonne quelque vingt ans après de la volonté d’exister et d’être une famille comme les autres.
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«Père comme les autres», Christophe Girard, Editions Hachette Littérature

Dans ce récit personnel, Christophe Girard (Adjoint au maire de Paris, Bertrand Delanoë), homme politique n’ayant jamais fait mystère de son homosexualité révèle, pour la première fois publiquement qu’il est le père d’un garçon aujourd’hui âgé d’une vingtaine d’années. Ce témoignage, dans sa simplicité, sa franchise et sa grande pudeur, éclaire d’un jour nouveau le débat sur l’homoparentalité. Alors qu’en France, les réactionnaires de tous bords et de toutes professions, les tenants d’une définition figée de la famille multiplient les déclarations les plus absurdes et, parfois, les plus injurieuses, Christophe Girard décrit avec force et sérénité l’histoire ordinaire, mais peu banale, de l’amour profond d’un père pour son fils. Comment affronter le regard des autres? Comment parler d’une famille différente à l’école? Quelle place accorder à son conjoint dans l’éducation de l’enfant? En s’appuyant sur son expérience de père, Christophe Girard aborde sans tabou l’ensemble de ces questions et ne mâche pas ses mots.

«Papa gay. Lettre à mon enfant interdit», Pascal Pellegrino, Editions Favre (Débat public)

- Mais il est interdit aux homosexuels d’avoir des enfants!
En d’autres temps, cette phrase prononcée par l’officier d’état civil m’aurait fait bondir. Là, je restai impassible. Le coup avait porté, je ne l’avais pas vu venir. Une fois de plus, j’étais résumé à ma seule préférence sexuelle.
Pour lui, je n’étais pas un papa tout court, j’étais un papa pédé.
Deux mots qui s’entrechoquent et qui ne vont pas ensemble. Deux mots qui effraient le commun des mortels. Des mortels qui veulent savoir comment. Et surtout pourquoi.
Voilà la raison de ce témoignage. J’avais envie de raconter mon aventure de père gay qui a conçu un enfant avec une amie lesbienne. Envie aussi d’offrir un regard sensible et un vécu. Envie enfin de rassurer ceux à qui ce dernier mot fait peur, comme ce proche qui m’a dit un jour: «J’ai prié pour que ton enfant ne vienne pas au monde».
Jamais je n’aurais imaginé qu’une telle violence puisse être libérée ans ce quelques mots, lancés dans l’air. De quel droit arrive-t-on à souhaiter la mort d’un être parce qu’il est conçu par deux homosexuels?
Avant de donner la vie, un homo doit d’abord accoucher la peur des autres.
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«Deux mamans et un bébé», Muriel Douru, Editions Danger Public

«Je la sens glisser entre mes cuisses, dans un torrent de liquide et de sang.
Le haut de son crâne apparaît, puis la tête jusqu’au cou. Les épaules se bloquent, puis le corps se libère dans une ultime poussée. Je me redresse pour la prendre dans mes bras. Tout est flou autour de moi. Je ne sais plus si je pleure d’émotion ou de fatigue.
Elle est enfin sur mon ventre. Elle passe du noir au violet, puis finalement au rouge.
Je viens de réussir l’épreuve la plus difficile de ma vie : faire sortir, par la force et avec une énergie extraordinaire, la petite fille qui habite mon ventre depuis neuf mois.
Ma compagne est aussi hébétée que moi. L’infirmière devine son émotionet lui demande doucement: “Voulez-vous couper le cordon?”
Je la sens hésiter. Le symbole est si fort qu’il nous intimide toutes les deux.»

«Et elles eurent beaucoup d’enfants… Histoire d’une famille homoparentale», Myriam Blanc,  Editions le bec en l’air

«Il était une fois deux jeunes femmes de vingt et vingt et un ans, pas très différentes des autres jeunes femmes de leur âge, ni plus moches, ni plus bêtes, ni plus coincées. Elles se rencontrèrent, elles s’aimèrent, elles ne se marièrent pas, car elles n’en avaient pas le droit, et quelques années plus tard, elles eurent néanmoins beaucoup d’enfants:
Voici donc l’histoire d’une famille, la nôtre. Elle ressemble à toutes les familles, à ce détail près qu’elle compte deux mères et pas de pères.»
Récit d’une expérience familiale: l’auteure et sa compagne ont chacune mis au monde une fille issue d’un insémination artificielle avec donneur anonyme, réalisée en Belgique. Cinq ans après la naisssance de leur fille aînée, ce livre revient sur leur choix et les questions qu’il pose: l’absence de père, le regard de la société, l’invention d’un nouveau schéma familial, l’évolution possible de la législation…
Un témoignage écrit avec justesse, qui apporte un éclairage bienvenu. Myriam Blanc ne cherche pas à faire de son histoire un modèle, elle se contente d’expliquer avec une grande honnêteté intellectuelle, et non sans humour, ses choix et ceux de sa famille.