Le 29 avril 2010, le Conseil de l’Europe adoptait la résolution 1728* qui
demande, en son alinéa 16.11.2, aux États membres de garantir, dans leur
législation et leur pratique, le droit des personnes transgenres à obtenir «
des documents officiels reflétant l’identité de genre choisie, sans
obligation préalable de subir une stérilisation ou d’autres procédures
médicales comme une opération de conversion sexuelle ou une thérapie
hormonale ».
La France a voté cette résolution en 2010 par l'intermédiaire de ses quatre
représentants : Michel HUNAULT, Nouveau Centre - Jean-Paul LECOQ, Gauche
démocrate et républicaine - Christine MARIN, UMP - René ROUQUET, Parti
socialiste.
Pourtant la France persiste à ne pas appliquer cette résolution sur son
territoire, poursuivant sa politique de stérilisation et de discrimination
des personnes trans-identitaires, défendue par Michel Mercier, ministre de
la Justice. Ce dernier, répondant à la question écrite au gouvernement n°
14524 de Maryvonne Blondin, sénatrice du Finistère, a confirmé, le 30
décembre 2010, sa volonté d’imposer aux personnes trans-identitaires des
conditions de changement d’état civil totalement contraires à la dignité
humaine et à la résolution 1728.
Selon le ministre, pour obtenir un changement d’état civil, la personne
trans-identitaire doit apporter la preuve – via la production «
d’attestations de médecins » – que son traitement hormonal a produit des
effets « irréversibles », « notamment [sur] la fécondité ».
À l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie,
trois organisations nationales lesbiennes, gays, bi, trans (LGBT) – la
Fédération LGBT, le Comité IDAHO et Trans Aide - interpellent Michel
Mercier, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, afin de lui demander
d’appliquer dès maintenant la résolution 1728 (2010) du Conseil de l'Europe
et de cesser d'exiger la stérilisation des personnes trans-identitaires,
exigence qui en France ne repose pas sur une loi mais sur la jurisprudence
des tribunaux.
La Fédération LGBT, le Comité IDAHO et Trans Aide demandent aussi Ã
l’ensemble des candidats et futurs candidats, aux partis politiques
d’inclure l’application de la résolution 1728 (2010) en matière de
changement d’état civil dans leur programme. À la veille des élections
présidentielles de 2012, aucun parti politique, aucun candidat proclamé, n’a
encore affirmé à ce jour sa volonté de faire appliquer cette résolution dans
son programme.
Il est donc temps d’exiger du gouvernement actuel, comme de ceux qui
pourraient être au pouvoir dans un avenir proche, d’en finir avec cette
situation humiliante pour les personnes trans-identitaires et d’appliquer,
en France, la résolution 1728 (2010) du Conseil de l’Europe.
En soutenant la liberté du changement d’état civil des personnes
trans-identitaires, conformément aux nouveaux textes européens, des élus
lorrains ont déjà montré l’exemple. Parmi eux : Michel DINET (président du
Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, PS), Matthieu KLEIN (vice-président
du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, PS), Laurent HÉNART (député de
Meurthe-et-Moselle, ancien ministre, Parti Radical), Jean-Yves LE DÉAUT
(député de Meurthe-et-Moselle, PS), André ROSSINOT (maire de Nancy, ancien
ministre, Parti radical).
Alors qu'en Allemagne, le 30 janvier 2011, le Tribunal constitutionnel a
déclaré contraire à la constitution la stérilisation forcée des personnes
trans pour accéder au changement d’état civil, en ce 17 mai, Journée
mondiale contre l’homophobie et la transphobie, le gouvernement français
sortirait lui aussi grandi s’il mettait fin à la stérilisation forcée des
personnes trans-identitaires en appliquant la Résolution 1728 (2010) afin
d’en finir – comme le dit la résolution européenne – avec « les violations
des droits de l’homme visant les personnes transgenres et, en particulier, Ã
garantir dans la législation et la pratique les droits de ces personnes ».
* http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta10/FRES1728.htm




