Révolutions de famille

Latifa Djerbi explore la libération des paroles et des corps dans la Tunisie contemporaine dans «La danse des affranchies». Une pièce incisive et insolente à voir à Genève jusqu’au 19 mai.

Après la baffe de son monologue «L’improbable est possible… j’en suis la preuve vivante», la comédienne et dramaturge Latifa Djerbi revient au Théâtre Saint-Gervais de Genève avec sa nouvelle pièce explorant – non sans humour – la puissance des origines et le désir de libération.

Lauréat du concours Textes-en-Scènes 2017, «La danse des affranchies» est une tragi-comédie qui pénètre une famille franco-tunisienne sur le point d’imploser, avec pour toile de fond la Révolution de jasmin. Dounia, double interprétée par l’auteure, est la fille cadette, installée en Suisse depuis des années, qui rejoint les siens au bled pour l’enterrement du père.

«Viande et chair»
«J’aime que les mots soient «viande et chair» pour que le texte ouvre sur une expérience sensorielle et cathartique», explique Latifa Djerbi. D’où la jaillissement d’une langue insolente et incisive, réprimée depuis trop longtemps. Thème omniprésent, l’affranchissement du corps se révèle et s’explore dans le désir que Dounia éprouve pour la doctoresse Nour (Lamia Dorner). Combative sans violence, cette dernière est le modèle positif de femme arabe libre, épanouie, éduquée, autonome, sans tabou, la figure d’une Tunisie moderne, ouverte et résiliante.

» «La danse des affranchies», mis en scène par Julien Mages. Au Théâtre Saint-Gervais Genève jusqu’au 19 mai.

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