Oliver (Armie Hammer) et Elio (Timothée Chalamet)

L’éveil du désir sous le soleil d’Italie

Etoile montante que les réalisateurs s’arrachent, Timothée Chamalet représente l’atout majeur de «Call Me by Your Name», drame sentimental gay signé Luca Guadagnino.

Après «A Bigger Splash» (remake raté de «La Piscine»), le réalisateur italien revient avec «Call Me by Your Name», l’histoire d’une brève et intense passion gay qui transformera la vie de ses héros. James Ivory, dont on sent la patte, en a écrit le scénario adapté du roman d’André Aciman.

On est en été 1983. Elio (Timothée Chalamet), 17 ans, rejeton de parents intellos et multilingues, passe des vacances dans la grande demeure familiale, sous le chaud soleil de Lombardie. Chaque année un universitaire est accueilli pendant six semaines au sein de cette maison vouée à la culture, pour assister le père d’Elio dans son travail d’archéologue. Là, il s’agit d’Oliver (Armie Hammer), un séduisant Américain de 24 ans. Elio et Oliver s’attirent irrésistiblement. Une attirance toutefois soumise aux codes d’une époque où il était difficile de vivre ouvertement son homosexualité.

Excitation, doutes et contradictions
Le film montre ainsi l’éveil et la montée du désir chez ces deux êtres, évoquant avec finesse l’approche amoureuse avec ses hésitations, ses frustrations, ses troubles, ses maladresses, ses élans où se mêlent excitation, doutes et contradictions. Beau gosse, le sexy Armie Hammer au charisme teinté d’arrogance et de fausse nonchalance se révèle plutôt convaincant. Mais c’est le talentueux Timothée Chamalet qui porte l’œuvre de bout en bout. Etoile montante que les réalisateurs s’arrachent, il représente l’atout majeur de ce drame sentimental en illustrant à merveille cet état particulier qu’est l’adolescence.

Alors qu’on le verra bientôt dans «Lady Bird» de Greta Gerwig, il a aussi tourné dans «A Rainy Day», le prochain Woody Allen, dont on ne sait s’il sortira. Mais il le regrette au point de remettre, à l’image de deux autres comédiens, son cachet à trois associations, en soutien à la fille adoptive du réalisateur, Dylan Farrow. Depuis plusieurs années, elle accuse son père d’avoir abusé d’elle quand elle avait sept ans.

Manque de chair
Mais revenons-en à Call Me By Your Name. Si on apprécie la subtilité dans le traitement de ce premier amour que cautionnent par ailleurs des parents particulièrement bienveillants, on reprochera au film, outre sa longueur qui le dessert, sa superficialité, son manque de chair, sa prédilection pour le paraître. Ainsi qu’une prétention se manifestant dans des conversations vides entre les personnages qui font assaut de citations philosophico-littéraires.

Ces réserves n’ont pas empêché le métrage de faire sensation à Sundance, un carton partout où il est passé ensuite, Berlin Sydney, Toronto, San Sebastian, Londres et enfin d’être considéré comme l’un des grands favoris aux Oscars le 4 mars.

» Dans les salles romandes mercredi.

À lire également