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Drag Kid

A seulement 10 ans, Desmond is Amazing, drag queen new-yorkais, incarne un nouveau visage de la communauté. L’Amérique de Trump n’a qu’à bien se tenir, le futur sera fierce!

3 février 2018 | par

desmondisamazing

Né à Manhattan en 2007, Desmond Napoles alias Desmond is Amazing est la nouvelle coqueluche des drag queens. Et pour cause, ces dernières craignent de passer pour des fossiles à côté du drag kid qui, malgré son jeune âge, s’avère déjà un professionnel dans l’art de manier les codes du travestissement. Bambin, il empruntait les talons de sa mère, confectionnait des robes à l’aide de draps et transformait les serviettes en perruques haute couture pour défiler dans les couloirs de sa maison métamorphosés en runway. C’est à 6 ans que de l’imaginaire il est passé à la réalité lorsque ses parents ont accepté de lui acheter pour Halloween le costume d’Elsa du film d’animation «La Reine des neiges». Préoccupés par le regard des autres, les parents de Desmond ont finalement décidé, après avoir consulté un thérapeute, de laisser leur enfant se développer naturellement en explorant ses propres goûts en matière de vêtements, jouets et activités.

Category Is: Youth Eleganza!
Desmond qualifie son style d’«avant drag» et cite comme références Alexander McQueen, Andy Warhol, Keith Haring ou encore RuPaul. Le jeune garçon a d’ailleurs reçu la bénédiction de la mère de toutes les drag queens, en septembre 2017, lorsqu’il a été invité à monter sur scène vêtu d’une imposante robe rose à l’effigie de Mama Ru pour couper le ruban de la cérémonie d’ouverture du RuPaul’s DragCon (convention annuelle de drag queens). Mais l’audace et la garderobe sans limites de Desmond – dont la majorité des costumes sont confectionnés par sa mère – furent repérées pour la première fois en 2015 lorsqu’il foulait en voguant les artères bondées de Manhattan couvert d’un tutu arc-en-ciel à l’occasion de la Gay Pride.

Desmond qualifie son style d’«avant drag» et cite Alexander McQueen, Andy Warhol, Keith Haring et RuPaul.

Une apparition qui n’est pas passé inaperçue car Desmond s’est vu récompensé du prix Marsha P. Johnson «Dont Be Outraged, Be Outrageous» par l’organisation de la Pride new-yorkaise pour sa créativité et son originalité. Tout comme la légende Marsha P. Johnson – femme trans* afro-américaine et drag queen, qui fut aux premières loges des émeutes de Stonewall – Desmond est un fervent militant et défenseur des droits LGBT*QI. Le petit garçon n’a pas hésité à prendre la parole à plusieurs reprises devant des foules admiratrices pour délivrer des discours émouvants et étonnants de maturité, diffusant un message d’acceptation de soi, de fierté et d’amour.

Avec sa devise «Be Yourself, Always», il espère pouvoir inspirer d’autres jeunes. Plus qu’une simple maxime, il en a fait un engagement concrétisé prochainement par la création du tout premier club de drag (kings et queens) pour enfants et adolescents, qui portera le nom de «Haus of Amazing» et sera interdit aux plus de 20 ans. Une initiative permettant à la jeunesse LGBT*QI de s’épanouir «dans un lieu libre, sûr et positif sans l’interférence et le jugement des adultes», peut-on lire sur le site du fondateur. Le drag kid pionnier ne manque pas de futurs projets et souhaite notamment lancer une ligne de vêtements axée sur la mode durable, une chaîne youtube et un magazine créé par et pour les jeunes LGBT*QI. Condragulations!

Trump Sashay Away
Si Desmond peut compter sur le soutien de ses parents et de ses fans, les «amazies» (plus de 16’000 abonné·e·s sur Instagram), lui et sa famille demeurent cependant la cible d’insultes, de théories délirantes (lavage de cerveau, exploitation infantile) et de critiques (hypersexualisation, mauvaise éducation) de la part de certain-e-s internautes. Des condamnations lourdes à porter sur les épaules d’un enfant qui cherche seulement à s’exprimer librement conformément à son identité. De plus, toute comparaison avec les concours de mini-miss exhibant les fillettes en sorte d’adultes sexuels miniatures serait déplacée s’agissant de Desmond, ce dernier n’agissant aucunement de manière provocatrice ou sexy. Au contraire, il s’agit de célébrer les enfants qui aiment s’habiller, mais cela semble encore inhabituel s’agissant particulièrement des garçons. A titre d’exemple, en décembre dernier, Lewis Hamilton a publié une vidéo sur la toile dans laquelle il se moquait de son neveu qui portait une robe de princesse reçue à Noël. L’attitude du champion de Formule 1 a été rapidement critiquée, ce qui a amené celui-ci à supprimer la vidéo et à s’excuser.

Ces discours réprobateurs sont le quotidien de l’Amérique trumpiste post-fusillade d’Orlando où transgresser le genre n’est plus seulement synonyme de célébration mais devient forme de résistance. Desmond, qui se revendique d’ailleurs courageusement gay, a livré à «OUT» magazine que «Trump is just a big loser», une déclaration qui bien malgré lui, l’a érigé en symbole politique contre le régime conservateur et oppressif de la Maison-Blanche à l’égard des minorités. Tandis que les suicides et crimes LGBT*phobes viennent noircir le tableau, le futur de la communauté LGBT*QI s’incarne dorénavant dans sa jeunesse aux commandes de la révolution arc-en-ciel.

» desmondisamazing.com

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Mise à jour 05.02.2018 08:30
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