Suisse Votation du 4 mars

«No-Billag» et les LGBT

Les associations lesbiennes, gay, bi et trans se tiennent à distance du débat qui se joue sur l'avenir de l'audiovisuel public suisse, malgré des tentatives de les inclure dans la mêlée, en vue de la votation du 4 mars.

21 janvier 2018 | par

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Faut-il que le contribuable continue à financer un secteur audiovisuel public? A six semaines du vote sur l’initiative «No-Billag», lancée par la droite libérale et nationaliste, le débat va crescendo. Un des angles de bataille des opposants au texte est la défense des minorités, principalement linguistiques, puisque le système actuel accorde une part des revenus aux latins supérieure à leur poids démographique. Mais on parle aussi des sourds (sous-titrage) et des malvoyants (audiodescription), par exemple.

Et les LGBT? Même si leur représentation ne fait pas partie des missions de service public de la SSR, certains partisans de l’initiative «No-Billag» estiment que l’audiovisuel public a un agenda caché dans ce domaine. Ainsi a-t-on pu lire sur un compte Facebook intitulé STOP Billag: «La RTS et les médias en général sous couvert de prendre le parti des minorités et des injustices contribuent à la promotion de certaines dérives morales de notre époque». L’auteur de ces lignes prenait pour exemple un récent reportage sur l’accueil des enfants trans dans les écoles vaudoises et genevoises, dénonçant: «La tribune médiatique accordée à ce lobby [LGBT] n’est pas équitable.»

Le spectre du lobby LGBT
Entre-temps disparu du web, tout comme la page STOP Billag, ce post a créé un certain émoi, déclenchant de nombreuses réactions, quelquefois positives et le plus souvent indignées. En Suisse alémanique, où la campagne contre la redevance est particulièrement chaude, la dénonciation du lobby LGBT est également sous-jacente à la campagne contre une SSR perçue comme «partiale», voire «gauchiste» par la droite populiste. En réponse à ces accusations, certains partisans du «non» à No-Billag ont intégré la question de la défense de la diversité dans leur argumentaire. C’est le cas de la campagne des radios locales alémaniques Nein-zu-Nobillag, qui mentionne la «production d’émissions sur ou par la communauté LGBT» dans sa défense de l’audiovisuel public.

Alors que les prises de positions (artistes, Eglises, sportifs, journalistes…) se succèdent à six semaines du vote, les associations et fédérations LGBT se tiennent pour l’instant à distance du débat. Seule Gayradio, émission diffusée sur Radio Rabe et Radio LoRa, assure qu’un «oui» à No-Billag «volerait à la communauté LGBT une plateforme importante» et porterait «atteinte à la visibilité de nombreuses minorités, parmi elles les LGBT».

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Mise à jour 24.01.2018 09:18
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2 commentaires

  1. Par Rebelde:

    Je suis très content que les LGBT ne prennent pas partie. En effet, je trouve que la RTS n’est absolument PAS représentative des LGBT! De temps en temps un reportage pour se donner bonne conscience, that’s it! Déjà que la RTS n’est absolument pas représentative des minorités visibles, elle l’est encore moins avec les LGBT. Personnellement, je voterai OUI à No BIllag mais uniquement pour secouer le cocotier de notre RTS endormie sur ses lauriers dorés. Je trouve qu’elle ne correspond pas suffisamment aux attentes d’un public mixte et métissé. Mon vote n’aura donc strictement rien à voir avec celui de l’UDC. Il est uniquement protestataire et dans le but de faire bouger les choses. C’est peut-être un moyen radical mais y a-t-il un autre choix? Hélas non! Pourtant il y des plans B. Si on veut on peut… On a vu avec le projet Jean Nouvel du Musée d’art et d’histoire de Genève… Nos politiciens, du centre et de la gauche en particulier, et à qui j’en veux beaucoup, n’ont pas voulu de contre-projet, de négociation. Ils ont traité avec arrogance et mépris une quelconque remise en question de la redevance et de la RTS. Mon OUI à NO BILLAG ne sera donc qu’un OUI de contestation. Et j’adorerais que NO BILLAG passe uniquement pour secouer nos politiciens et la RTS.

  2. Par benji:

    En parlant de “dérive morale”, sous couvert de prendre le parti de la majorité silencieuse, le compte STOP BILLAG a l’air de bien s’y connaître.

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