Chroniques Chants nocturnes

Nomenclatures

Des mots, se disant nouveaux, redéfinissent nos réalités. Des mots qui nous viennent tout droit de cet endroit que j’exècre depuis que leurs ancêtres sont apparus au sein de cet américain, dominant et politiquement correct verbiage contre lequel je me suis insurgée...

10 sept. 2017 | par

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Autoportrait d’après Carlo Crivelli – Maria Magdalena

«Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots. Rien que des mots. Paroles que tu sèmes au vent; caramels, bonbons et chocolat. Pas pour moi, mais tu peux bien les offrir à une autre. Moi, les mots tendres enrobés de douceur se posent sur ma bouche, mais jamais sur mon cœur.» Leo Chiosso, Giancarlo Del Re – adaptation française: Michaële

Des mots, se disant nouveaux, redéfinissent nos réalités. Des mots qui nous viennent tout droit de cet endroit que j’exècre depuis que leurs ancêtres sont apparus au sein de cet américain, dominant et politiquement correct verbiage contre lequel je me suis insurgée, tant ils ne font trop souvent que changer l’étiquette sans que le contenu n’en soit altéré ni que celles et ceux qui les portent n’en soient mieux considéré-e-s. Quant au langage épicène, étendard de l’égalité entre les sexes, je le respecte et l’applique depuis son apparition et, bien que je n’y croie que peu, j’appellerai chacun-e selon ses propres désirs; auteure, metteure ou metteuse en scène, professeure ou professoresse, cheffe, ingénieure… Mais je reste seule maîtresse à bord de ce navire qui est mien et seule je choisis les mots qui tenteront me qualifier, libre de les changer au gré de mes caprices, hors de toute loi ou nomenclature; je suis auteur et écrivain, car ici le masculin sied à ma féminité et égratigne plus à mon sens le patriarcat ambiant; chanteuse, conteuse car ma voix, ma pensée et mes intentions disent le féminin. Peintre à mes heures, je me fait dessinatrice, graphiste parfois, penseuse, songeuse, emmerdeuse ou emmerderesse à temps partiel et parfois même divine bestiole. À chacun-e sa façon de résister. La mienne, aux autoroutes balisées et grilles de lecture homogénéisées ne laissant de place à personne d’autre qu’à qui les remplit, préfère les chemins de traverse et l’école buissonnière, plus sensibles et humaines à mon goût.

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Mise à jour 13.10.2017 11:26
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