Monde Madrid

Insultes homophobes: requérants renvoyés

Le comportement décrit comme «agressif et arrogant» de deux réfugiés arrivés à l'aéroport de Madrid aurait entraîné le rejet de leur demande d'asile. Une décision saluée par plusieurs collectifs LGBT.

3 sept. 2017 | par

madrid-barajas
L'aéroport Adolfo-Suárez de Madrid. Photo: jsmjr CC BY-SA 2.0

On a souvent vu, ces dernières années, les organisations LGBT s’engager pour un droit d’asile généreux dans les protections offertes aux personnes fuyant les persécutions. A l’inverse, il est rare de voir une décision d’expulsion applaudie par neuf associations gay. C’est ce qui est arrivé à Madrid cette semaine, où deux requérants sahraouis se sont vus refuser leur demande d’asile, raconte le blog DosManzanas.

A l’origine de ce refus: une suite d’incidents survenus dans la zone de transit de l’aéroport de Barajas. Les deux candidats à l’asile avaient insulté à plusieurs reprises un homme, le traitant de «pédé» et se moquant de lui en arabe, avant de s’apercevoir qu’il s’agissait de leur interprète, qui avait parfaitement compris leurs propos. «Je suis là pour vous aider, par pour supporter vos insultes», leur a dit l’Espagnol d’origine koweïtienne. Avant cela, les deux Sahraouis se seraient aussi montrés agressifs et arrogants, notamment envers une agente de police.

«En tant qu’ardents défenseurs du droit d’asile et des réfugiés dans notre pays, nous croyons qu’il est important que ceux qui réclament ce droit soient conscients qu’en Espagne, aucun comportement homophobe, sexiste, islamophobe ou christianophobe n’est autorisé, ni aucune autre expression de haine et de discrimination», peut-on lire dans le communiqué signé d’associations LGBT, de syndicats de police et de fonctionnaires, qui exprime aussi leur solidarité envers l’interprète visé par des insultes.

Une cinquantaine de requérants bloqués
Les deux hommes appartenaient à une groupe de sept personnes. Les cinq autres ont pu déposer une demande d’asile. Au total, une cinquantaine de requérants Sahraouis, principalement arrivés d’Algérie, sont actuellement bloqués dans la zone de transit. Certains ont entamé une grève de la faim. Leur sort mobilise les groupes de défense des sans-papiers, qui ont manifesté devant un des terminaux samedi. Le Sahara-Occidental est une ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc, où subsiste une guerre larvée avec les indépendantiste du Polisario. Une partie de sa population est en exil, dont 150’000 qui survivent dans le camp de Tindouf, en Algérie voisine.

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Mise à jour 03.09.2017 11:54
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