Monde Buenos Aires

Le pouvoir argentin songe à «légaliser la discrimination»

Les organisations de défense des droits de l'homme et des LGBT montent au front contre un projet de loi défendant l'objection de conscience pour motifs religieux.

6 août 2017 | par

macri
Le président argentin Mauricio Macri. Photo: Gobierno de la Ciudad Autónoma de Buenos Aires CC-BY 2.5

Dans les domaines du mariage pour tous ou de la reconnaissance des trans, l’Argentine a fait office de pionnière ces dernières années. Mais le pays pourrait faire un pas en arrière. Le gouvernement libéral-conservateur du président Mauricio Macri promeut actuellement un projet de loi dit de «liberté religieuse». Le texte doit permettre à des personnes, voire à des institutions, de refuser d’appliquer certaines obligations juridiques si celles-ci sont «contraires à leurs convictions religieuses ou morales».

De nombreux acteurs de la société civile, comme Amnesty International, se sont mobilisés. De son côté, la Fédération argentine des LGBT a mis en garde contre une mesure susceptible de «rogner sur les droits conquis ces dernières années». Pour l’association 100% Diversidad y Derechos, il s’agit ni plus ni moins d’une «légalisation de la discrimination»: Une telle loi «permettrait e refuser de célébrer des mariages égalitaires, de changer l’état-civil de personnes trans, de brider l’éducation sexuelle ou d’ignorer les questions de santé sexuelle ou reproductive, entre autres. Cela se résumerait à désarticuler et à vider de leur contenu ces programmes.»

Le projet a été transmis en juin au Congrès argentin. Plusieurs Etats des Etats-Unis, comme l’Indiana du désormais vice-président Mike Pence, ont mis en place ce type de dispositif ces dernières années sous la pressions des lobbies ultraconservateurs. Ces derniers ne cachent pas qu’ils ont les droits de femmes et des LGBT en ligne de mire.

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Mise à jour 06.08.2017 09:51
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