Suisse Zurich

Un élu démocrate-chrétien brise le tabou de la GPA

Markus Hungerbühler, depuis peu papa d'une petite fille, a été désigné candidat à la mairie de Zurich. De quoi faire grincer des dents au sein de son parti.

15 juillet 2017 | par

pdc-hungerbuehler
Markus Hungerbühler (au milieu), lors de la Pride de Zurich 2016. Photo: FB

Voilà un certain temps qu’en Suisse, l’élection de personnalités ouvertement gay ou lesbiennes dans les Exécutifs municipaux ne fait plus vraiment les gros titres. Et certainement pas à Zurich, dirigé depuis 2009 par la socialiste Corine Mauch, qui vit en couple avec une autre femme. Pourtant sur les bords de la Limmat, voici que la candidature de Markus Hungerbühler fait grincer quelques dents… au sein de son propre parti, le PDC, qui l’a choisi comme candidat pour les élections de mars prochain.

Car Hungerbühler, ouvertement gay, est depuis peu papa d’une petite fille née en Louisiane (Etats-Unis) par gestation pour autrui (GPA) – pratique interdite en Suisse. Son partenaire est le père biologique de l’enfant, conçu avec un don d’ovocytes. Au sein du PDC, des voix se sont élevées pour critiquer le choix de vie du politicien de 42 ans. Selon elles, sa démarche est «difficile à concilier avec le C» du Parti démocrate-chrétien. «La poursuite de son propre bonheur contraste fortement avec la dignité humaine», estiment ces collègues anonymes cités par «20 Minuten».

«Affaire privée»
Conscient des critiques internes, Markus Hungerbühler défend la vision d’un parti pragmatique: «Je crois que mon point de vue socio-politique a toute sa place au PDC.» La direction de la section locale assure que les objections sont limitées à quelques membres isolés. Pendant ce temps, au sein du PDC Suisse, on botte en touche. Thomas Jauch, son porte-parole, souligne que le parti s’oppose toujours aux «mères porteuses»: «Mais sur les lois à l’étranger, nous n’avons aucune influence», le cas Hungerbühler relève donc d’une «affaire privée».

Le recours à la GPA reste marginal en Suisse, même si les cas dont l’Office fédéral de la justice a connaissance ont triplé en trois ans, relève la «NZZ». Une avocate spécialisée évoque de 500 à 100 naissances au sein de familles homo- comme hétéroparentales.

Parti divisé
On se souvient qu’en 2011, le président du PDC, le Valaisan Christophe Darbellay, avait comparé l’homoparentalité à la toxicomanie. L’an dernier, le parti national avait défendu un référendum qui visait à inscrire le caractère strictement hétérosexuel du mariage dans la Constitution à la faveur d’un texte sur la fiscalité. La mobilisation des électeurs gay et lesbiennes avait contribué à le faire échouer sur le fil. Markus Hungerbühler s’était alors rangé du côté du «non», comme une large part des représentants de l’aile urbaine du parti centriste.

Partager sur
Mise à jour 16.07.2017 08:03
790 vues

*


Sur le même thème

Top