Monde Pink Dot

Étrangers écartés de la gay pride singapourienne

L'Exécutif de la Cité-Etat a durci les conditions de participation au Pink Dot, rassemblement annuel en faveur de la communauté LGBT, qui reste étouffée par des lois anachroniques.

16 mai 2017 | par

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Photo: Pink Dot SG / FB

Dès cette année il faudra montrer patte blanche pour participer au Pink Dot («Point rose»). Depuis 2009, la grande manifestation pro-LGBT rassemble chaque année des dizaines de milliers de personnes vêtues de rose dans le parc Hong Lim. Plusieurs éditions organisées de nuit avaient vu chaque participants brandir une lampe de cette couleur pour réclamer l’abrogation de l’article 377a du Code pénal – héritage des lois coloniales britanniques – qui punit les rapports homosexuels.

Dans la très prude Cité-Etat, cette gay pride singulière suscite le rejet des milieux conservateurs. En novembre dernier, les autorités ont ainsi annoncé un durcissement drastique des dispositions visant à empêcher les interférences étrangères dans les affaires «intérieures, politiques ou sociales». Conséquence pour le Pink Dot: ses organisateurs ont annoncé dimanche que l’accès à la manifestation, prévue le 1er juillet, serait réservé aux Singapouriens et aux résidents permanents.

«Interférences étrangères»
Des contrôles d’identité seront effectués, précisent-ils, ajoutant «regretter profondément» la mesure. Les contrevenants risquent une amende de 10’000 dollars singapouriens (environ 6500 euros / 7100 francs) et 6 mois de prison. Les sociétés étrangères n’ont plus le droit de soutenir l’événement, sponsorisés ces dernières années par des géants de l’internet et de la finance tels que Google, Apple ou Goldman Sachs.


Le Pink Dot nocturne de 2012

L’article 377a du Code pénal singapourien n’est plus guère appliqué dans le prospère territoire multiculturel de 5,5 millions d’habitants (dont environ 20% de non-résidents). En dix ans, une petite dizaine de personnes ont été traînées devant les tribunaux en raison de leur homosexualité. Le texte reste toutefois une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des LGBT singapouriens, qui ne bénéficient d’aucune reconnaissance ni de protection contre les discriminations.

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Mise à jour 16.05.2017 07:10
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Un commentaire

  1. Par andreifge:

    Hallucinante l’inventivité de la bêtise conservatrice pour nous imposer sa volonté et encore plus hallucinant l’écho que ça trouve dans la classe politique soucieuse à ne pas soi-disant “cliver la société”, comme si une société unie contre une minorité vaut mieux qu’un monde ou l’on respecte son voisin pour ce qu’il est et non pas pour ce que l’on veut qu’il soit… Visiblement c’est une tendance du moment à travers le globe de Singapour à Paris en passant par Washington… Tristesse pour un endroit si merveilleux par ailleurs que Singapour, où la plupart des gens ne sont pas à l’effigie de leur dynastie dictatoriale…

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