Monde Criminalité

Record de meurtres homophobes et transphobes au Brésil

Avec 343 morts, les statistiques des victimes LGBT a battu l'an dernier un triste record. Les associations réclament depuis des années une meilleure prise en compte de ces crimes par l'Etat.

29 janvier 2017 | par

bresil-itaberli
Itaberli Lozano, 17 ans, tué par sa propre mère en décembre. Un acte homophobe selon les proches de la victime.

Un meurtre toutes les 25 heures: c’est le bilan effrayant que dresse le Grupo Gay da Bahia (GGB) dans son rapport annuel sur les violences fatales à caractère homophobe et transphobe au Brésil. Pour 2016, les bénévoles de l’association ont dénombré 343 homicides au niveau national – un record. En 2000, il n’y en avait que 130, et le double dix ans plus tard.

La moitié des cas concernent des hommes gay. Un des derniers en date a frappé les esprits. En décembre, Itaberli Lozano a été tué par sa propre mère, qui n’acceptait pas son homosexualité. Il n’avait que 17 ans. Par ailleurs, les travestis et transsexuels constituent toujours une très large part des victimes: 42% des meurtres en 2016. Le reste se partage entre les lesbiennes (3%) et hétérosexuels tués lors d’attaques homophobes ou transphobes (4%). Comme Luiz Carlos Rual, tué à São Paulo le jour de Noël alors qu’il tentait de défendre un gay et un travesti victimes d’une agression.

Impunité
Le GGB estime que seulement 10% des cas aboutissent à la procédure judiciaire. «Quand on a des témoins, ils renoncent le plus souvent à parler en raison des préjugés anti-LGBT. Policiers, procureurs et juges manifestent leur homophobie et leur transphobie en ignorant ces crimes, et en niant leur caractère homophobe ou transphobe», souligne le rapport.

Les données se basant sur des informations recueillies dans les médias, le nombre de morts est sans doute plus élevé encore. Les mouvements LGBT brésiliens réclament depuis des années des statistiques officielles sur ces meurtres, ainsi qu’une loi qui assimile l’homophobie au racisme. «Nous ne voulons pas de privilèges, nous voulons l’égalité des droits, ni plus ni moins», explique le militant Luis Mott à «O Globo».

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Mise à jour 01.02.2017 09:49
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