Monde Moscou

L’héroïne des homophobes vole au secours des maris violents

Auteure de la loi anti-«propagande gay» en 2013, la députée russe Elena Mizoulina a fait passer en première lecture un texte qui vise à décriminaliser les violences domestiques.

13 janvier 2017 | par

mizoulina

Trois cent soixante-huit voix pour, une voix contre: un projet de loi qui fait froid dans le dos a été accepté à la quasi unanimité par la Douma, le Parlement russe, cette semaine. Le texte prévoit rien de moins que de dépénaliser les violences domestiques, actuellement passibles de 2 ans de prison. Celui qui porte des coups à son conjoint ou à son enfant ne risquera qu’une simple contravention, selon la proposition adoptée en première lecture.

Son auteure est une vieille connaissance: Elena Mizoulina, députée du parti progouvernemental et postcommuniste Russie juste, également présidente de la commission parlementaire des Affaires familiales. Cette austère universitaire de 62 ans est célébrée par les homophobes du monde entier comme l’initiatrice de la loi de 2013 qui interdit la «promotion des relations sexuelles non-traditionnelles» aux mineurs, bâillonnant de fait les organisations LGBT russes.

Une chose «normale»
Comme la loi anti-«propagande homosexuelle», la nouvelle offensive de la députée prétend protéger la «famille traditionnelle». Pour Mizoulina, les violences domestiques sont une chose normale: «En Russie, les relations parent-enfant sont bâties sur l’autorité. Les lois devraient soutenir ce principe.» En août dernier, l’élue avait estimé que les maris et pères violents «ne devaient pas passer deux ans en prison pour une simple claque.»

Pourtant, les statistiques officielles démontrent que les brutalités sont endémiques dans les foyers russes: 40% des crimes violents sont commis à l’intérieur des familles. Chaque année, 26’000 enfants et 36’000 femmes sont battus. Le Centre Anna, une ONG de soutien aux victimes, estime que 14’000 épouses ou compagnes sont tuées chaque année par leur conjoint. Olga Yurkova, présidente d’un refuge, le confirme: «Un énorme nombre de femmes subissent la violence domestique, mais n’en parlent pas. La dépénalisation va aggraver encore la situation.»

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Mise à jour 16.01.2017 09:49
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2 commentaires

  1. Par toinou:

    Je me réjouis d’avance de voir les conservateurs occidentaux pro-russes essayer de défendre ça. Et j’imagine déjà que certains auront du boulot puzr cacher le fait qu’ils approuvent…

  2. Par HibouGrandDuc:

    Quel cauchemar ! Je ne voudrais vraiment pas vivre dans ce pays !
    Je sais que toute nation a ses problèmes et des lois aberrantes mais en Russie franchement… Les néo-nazis, la corruption, les ravages du Krokodil, la loi contre la propagande homosexuelle et maintenant ça ! Et demain ce sera quoi ?
    Qui plus est, j’ai mal pour ces enfants sachant que les abus sexuels sur mineurs sont la plupart du temps commis au sein des familles et des proches.

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