Monde États-Unis

Présidence Trump: les lobbies antigay se frottent les mains

La désignation de figures farouchement hostiles aux droits des LGBT dans l'équipe de transition du président élu fait froid dans le dos.

13 nov. 2016 | par

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Avec des pincettes: Trump, une semaine avant son élection, lors d'un meeting au Colorado. Il aurait fini par convaincre 14% de l'électorat homosexuel.

Avant-goût de la présidence Trump, l’équipe de transition du futur chef de l’Etat a de quoi inquiéter les LGBT américains. Si le vainqueur de l’élection les a relativement épargnés durant sa campagne tonitruante, faisant même mine de leur tendre la main, il s’est entouré de plusieurs personnalités déterminées à revenir sur les avancées spectaculaires de l’ère Obama.

Personnalité clé de l’équipe de transition, où il est chargé de tracer les contours de la politique intérieure, Ken Blackwell incarne ce virage antigay. Lors de sa campagne pour gouverneur de l’Ohio, en 2006, il avait notamment estimé que les homosexuels étaient «guérissables, […] comme les kleptomanes et pyromanes». Il avait aussi souligné «l’anormalité» des couples de même sexe, qui «défient la logique de l’étable». Enfin, le politicien n’a pas hésité à mettre les tueries de masse qui endeuillent régulièrement le pays sur le compte de «l’effondrement des valeurs morales».

Ken Blackwell

Ken Blackwell

Pied dans la porte
Blackwell est un des piliers «scientifiques» du Family Research Council (FRC), classé par l’observatoire antiraciste Southern Poverty Law Center comme «hate group». Et cet influent lobby antigay compte bien mettre un pied dans la porte de la Maison-Blanche. En septembre, il avait énuméré ses priorités dans l’hypothèse d’une élection de Donald Trump. On y trouve le rétablissement de la clause de conscience qui permet au personnel de santé de ne pas soigner certains patients, la suppression dans les appels d’offre fédéraux de l’exigence de non-discrimination ou encore de radiation des recommandations faites aux foyers de sans-abris pour qu’ils accueillent les personnes trans en fonction du sexe auxquelles elles s’identifient.

Le FRC n’est pas le seul à publier sa liste de Noël. Dès le lendemain de l’élection, la National Organization for Marriage, autre lobby anti-LGBT, s’est réjouie de voir le président nommer des juges conservateurs à la Cour suprême, avec pour mission d’abroger au plus vite l’ouverture du mariage à tous les couples.

Ultraconservateurs en embuscade
Ces revendications peuvent compter sur le soutien d’autres membres de l’équipe de transition et probables futurs membres du cabinet, comme la procureure générale de Floride, Pam Bondi, ou l’ancien président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich. Le très conservateur vice-président élu, Mike Pence, en tant que gouverneur de l’Indiana, a été un chaud partisan à la loi sur la «liberté religieuse», qui légitime la discrimination des LGBT.

De quoi décourager les Log Cabin Republicans, principal groupe gay-lesbien au sein du Parti républicain, qui a néanmoins assuré vouloir travailler avec l’équipe de transition. Leur seul relais possible dans cette galère semble être Peter Thiel, le milliardaire gay de la Silicon Valley, qui a assuré, durant sa campagne en faveur de Trump, que le magnat de l’immobilier serait «plutôt généreux avec les droits des gays»…

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Mise à jour 15.11.2016 08:27
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2 commentaires

  1. Par superstronzo:

    Eh oui, dès le moment où la Cour suprême tournera conservatrice, beaucoup d’acquis fédéraux pourront être remis en cause. Cela dit, le mariage comme droit généralisé dans tout le pays, c’est tout récent aux Etats-Unis, et encore en travers de la gorge de beaucoup d’Américains.

  2. Par benji:

    J’éprouve de la colère contre l’auteur de cet article mais il n’y est pour rien : je fais mon deuil… Comment lire après 8 ans d’ère Obama que revenir sur l’égalité acquise devant le mariage est d’actualité aux Etats-Unis ? Je ne parviens même pas à l’imaginer. Ce que la liberté fait, la liberté peut le défaire mais il ne faut pas se laisser impressionner.

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