Monde Afrique du Sud

Prédicateur homophobe déclaré persona non grata

Le révérend Steven Anderson, connu pour ses appels au meurtre contre les homosexuels, s'est vu refuser l'entrée en Afrique du Sud, au terme d'une campagne internationale.

14 sept. 2016 | par

steven-anderson

La mobilisation a porté ses fruits. Le tonituruant pasteur américain Steven Anderson a été interdit d’entrée en Afrique du Sud au terme d’une vaste campagne relayée sur internet. Le prédicateur de l’Arizona s’était notamment fait connaître en 2014 dans un sermon diffusé sur le Net où il appelait au meurtre d’homosexuels, afin d’avoir un «Noël sans sida». En juin dernier, il s’était également réjoui du massacre de 49 personnes dans un club gay. «La bonne nouvelle, c’est qu’il y a 50 pédophiles de moins sur cette terre», avait-il asséné. Anderson avait prévu de débarquer cette semaine à Johannesburg avec une délégation de 17 fidèles de sa Faithful Word Baptist Church en mission d’évangélisation.

«Nous avons le devoir de prévenir le préjudice et la haine sous toutes ses formes contre les LGBTI, comme contre les autres personnes, dans un Etat démocratique», a expliqué le ministre de l’Intérieur sud-africain Malusi Gigaba.

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Les initiateurs de la campagne ont salué la décision du gouvernement – un signal important en Afrique du Sud, dont les lois sont très avancées dans la protection des minorités sexuelles, mais où l’homophobie et la transphobie restent endémiques. La décision crée par ailleurs un précédent en Afrique, où certains prédicateurs extrémistes américains ont tissé leur réseau ces dernières années. Leur influence a été notable dans l’escalade antigay en Ouganda.

Steven Anderson a indiqué qu’il maintenait la partie de son voyage prévue au Botswana, «où les portes sont grandes ouvertes», a-t-il écrit sur Facebook. «Attendez-vous à entendre l’histoire de multitudes sauvées dans ce pays où la liberté religieuse existe encore.» Pour Katlego K. Kol-Kes, militant LGBT botswanais, la doctrine d’Anderson «exploite les insécurités – les questions raciales, l’instabilité économique, le chômage des jeunes – pour en blâmer les LGBT.»

» Source: The Washington Blade

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Mise à jour 16.09.2016 09:30
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