Culture Cinéma

Petits délires sexuels contemporains

L'Espagnol Paco León brise quelques tabous dans une réjouissante comédie érotico-festive: «Kiki - l’amour en fête».

19 août 2016 | par

kiki

Un couple fait l’amour tandis que défilent sur une partie de l’écran des scènes de copulation entre animaux. C’est bien parti pour la célébration de la diversité sexuelle dans une comédie érotico-festive jouissive, où on oublie les préjugés. Cinq histoires drôles et déjantées, aux trames indépendantes mais parallèles s’entrecroisent, nous embarquant dans différents milieux sociaux, en plein cœur d’un torride été madrilène.

«Kiki – l’amour en fête», est signé du réalisateur sévillan Paco León, auteur du dyptique délirant des «Carmina». Son troisième long-métrage, notamment sous influence originelle d’un Pedro Almodovar remuant et provocateur que l’on a hélas un peu perdu ces dernières années, a connu un gros succès en Espagne. Il s’agit du remake du film australien «La petite mort de Josh Lawson», sorti l’année dernière.

Paco León nous raconte les fantasmes de ses protagonistes, prétextes à parler de leurs problèmes. Les uns et les autres faisant plus ou moins écho aux nôtres. Une femme ne jouit que si elle est victime d’une agression violente, une deuxième quand elle voit son mari pleurer, une troisième, sourde et particulièrement excitée par les tissus, quand elle touche de la soie. Et une quatrième, se découvrant des tendances lesbiennes lors d’une chaude soirée dans un club échangiste, ne prend désormais son pied que dans un ménage à trois.

Puisé dans le vécu
Chacun invente des stratagèmes pour rallumer la passion, tomber enceinte, se faire demander en mariage, imaginer un concept… À l’image de cet homme qui parvient à atteindre l’orgasme seulement quand sa femme dort. Et comme elle refuse toute relation après un accident qui lui a paralysé les jambes, il lui donne chaque soir des gouttes pour arriver à ses fins, sans qu’elle ne se rende compte de rien. S’inspirant de la réalité, de son vécu, de choses racontées, de dialogues entendus dans la rue ou les transports publics, le réalisateur s’amuse à briser quelques tabous et réussit à évoquer, pour notre plus grand plaisir, les petits délires sexuels de ses contemporains en évitant de céder à la vulgarité.

Cette retenue contribue à la réussite du film, qui tient évidemment aussi à l’interprétation de ses comédiens. Atouts majeurs, ils sont tous excellents, à l’image d’Alex Garcia, Natalia de Molina, Belén Cuesta, Luis Callejo, Candela Pena, Anna Katz, Alexandra Jimenez et lui-même. Paco León dit laisser une large part à l’improvisation, en ne donnant pas le scénario aux acteurs, mais en le leur racontant. Une façon de travailler qui là, fait ses preuves.

» Sortie le 24 août

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Mise à jour 22.08.2016 11:06
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