Suisse Associations

Et si on essayait de parler d’une même voix?

«Blick» se fait mousser sur la soi-disant mésentente entre les associations gay et lesbienne suisses. Une polémique artificielle qui soulève néanmoins un problème réel.

20 juillet 2016 | par

blick-sauer
«Les lesbiennes s'énervent contre les gays», titrait Blick Online hier.

Petit coup de tonnerre au milieu de l’été, dans le ciel de la communauté LGBT helvétique. Lundi, l’Oranisation suisse des lesbiennes (LOS) a diffusé un communiqué où elle exprimait son agacement devant le monopole médiatique exercé par Pink Cross, une organisation qui ne représente que la communauté gay masculine, comme le rappelle LOS. «Les informations concernant la diversité des associations LGBT sont transmises de manière à focaliser toute l’attention sur une seule organisation, certes plus puissante que les autres parce que plus riche.»

La mise au point survenait après une série d’articles sur le «divorce» homosexuel où seule la réaction de Pink Cross avait été sollicitée… La prise de position de l’association gay avait d’ailleurs été critiquée sur les réseaux alémaniques, où plusieurs commentateurs se sont étonnés de voir Pink Cross batailler sur les chiffres sans saisir l’occasion pour défendre le mariage pour tous.

La polémique fond comme sorbet au soleil
Dans le désert de l’actualité estivale, le tabloïd «Blick» a sauté sur la polémique ce matin. Le titre de son article, «Les lesbiennes s’énervent contre les gays», était orné (dans sa version web) d’une coccinelle boxeuse aux ailes arc-en-ciel (WTF?!). En dessous, la polémique fond comme sorbet au soleil. La secrétaire de la LOS, Barabara Lanthemann, dit n’avoir «aucun problème avec Pink Cross»: «Nous avons voulu démontrer que la communaté LGBTI ne se limite pas aux hommes homosexuels. On n’est pas un groupe homogène. On comprend de nombreux groupes qui ont des préoccupations spécifiques.» Et de relever par exemple la question des pensions pour les couples de femmes. TGNS va dans le même sens, citant la question des stérilisations forcées ou du changement d’état-civil.

«Ce n’est ni la mission ni la compétence de Pink Cross de parler au nom des lesbiennes et des trans», rappelle Bastian Baumann, pour Pink Cross. Et d’inviter ses partenaires à un travail de communication en commun, plutôt que par médias interposés.

Échéances
Morale de cette histoire: LOS et Pink Cross ont manifestement de la peine à se parler – alors qu’ils partagent les mêmes bureaux à Berne. Quant aux journalistes, ils n’ont généralement ni l’envie ni le temps de contacter deux ou trois associations LGBT pour réagir sur l’actualité.

Pourtant, Pro Aequalitate a montré lors de la campagne contre l’initiative du PDC un exemple de plateforme LGBT efficace face aux médias. Pourquoi ne pas pérenniser ce type de structure? La communauté a tout intérêt à parler d’une même voix, sans perdre de vue sa richesse, sa diversité. Et sans attendre les prochaines échéances politiques, avec les référendums probables sur l’adoption et le mariage égalitaire.

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Mise à jour 23.07.2016 08:53
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