Sexualités Londres

Chemsex addicts

Un film controversé donne pour la première fois la parole aux «slammers», pris au piège d'une véritable addiction, qui progresse dans la communauté gay.

27 nov. 2015 | par

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«Chemsex», de William Fairman et Max Gogarty

Coup sur coup, début novembre, les autorités sanitaires allemandes et britanniques ont lancé des campagnes sur le chemsex, la consommation de drogues à des fins sexuelles, notamment lors de sex-parties privées, prolongées parfois sur un week-end entier. Cocktails d’amphétamines, stéroïdes, cocaïne, GHB, combinés à l’alcool, aux poppers et au viagra…. Les risques sont surmultipliés, de l’infection au VIH et autres maladies sexuellement transmissibles, jusqu’aux risques psychiatriques, et physiologiques. Ils sont parfois mortels, comme l’illustrent régulièrement les décès subits dans la scène gay, notamment celle de jeunes acteurs porno.

Cette pratique, loin d’être inconnue en Suisse, fait l’objet d’un documentaire, qui sort en salles le 4 décembre au Royaume-Uni. Réalisé par William Fairman et Max Gogarty de Vice Media, «Chemsex» donne la parole aux slammers, ces adeptes de ce septième ciel boosté à la chimie. Miguel, par exemple, a voulu être filmé dans ses trips comme ses descentes vertigineuses… «J’ai rapidement accepté que mon visage ne soit pas flouté, raconte-t-il. Ce docu est un grand pas en avant pour montrer au public que nous ne sommes pas des junkies désespérés qui vont crever dans leurs fluides corporels.»

Génération
chemsexLe film ne prétend pas découvrir une nouvelle tendance. Le chemsex est déjà apparu il y a une petite dizaine d’années. En 2012, un premier film porno érotisait l’usage de la seringue au cours d’une orgie bareback. Le document tente plutôt de savoir comment ces cocktails de stupéfiants et stimulants de synthèse sont devenus les drogues de la communauté gay. En tout cas celle d’une certaine génération «pour laquelle la vie elle-même est un film dont on réalise le montage, capturé sur smartphones, le torse bombé dans le miroir de la salle de bain», écrit Paul Flynn dans «The Guardian».

Projeté pour la première fois dans le cadre du London Film Festival, en octobre, le docu a reçu un accueil mitigé. On lui reproche son sensationnalisme ou de caricaturer le milieu gay. «Ce n’est plus aussi vrai quand on constate que la pratique s’étend», note Flynn. A l’appui, une visite à 56 Dean Street, centre de santé sexuelle pour les MSM londoniens. L’arcade reçoit désormais une centaine de patients par mois pour addiction au chemsex…

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Mise à jour 29.11.2015 10:55
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Un commentaire

  1. Par Trio:

    Si des irresponsables veulent se droguer et faire du bareback, je vais pas les plaindre d’attraper le sida!
    Par contre quelle aubaine pour les homophobes qui mettent tous les gays dans le même sac!

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