Monde ONU

«Un pyromane nommé chef des pompiers»

Un diplomate d'Arabie saoudite – pays qui bafoue les libertés élémentaires et persécute les gays et les trans – a été discrètement élu à la tête d'un important comité du Conseil des droits de l'homme.

23 sept. 2015 | par

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Faisal bin Hassan Trad (à g.) et Michael Møller, directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève. DR

La question de la crédibilité du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, basé à Genève, est posée. Ce lundi, un représentant du Royaume d’Arabie saoudite, Faisal bin Hassan Trad, a été nommé à la tête du panel du Conseil, un comité stratégique de cinq diplomates chargés de d’observer les atteintes aux droits de l’homme dans le monde et de désigner des experts.

Décapitations
Cette décision a suscité un tollé de la part d’ONG actives à l’ONU. UN Watch, par exemple, a jugé «scandaleux que les Nations unies choisissent un pays qui a décapité cette année plus de personnes que l’Etat islamique». Dans un communiqué, elle compare la nomination à celle «d’un pyromane comme chef des pompiers». La décision – prise en juin mais tenue secrète jusqu’à cette semaine – serait le résultat d’un marchandage destiné à dissuader Riyadh de briguer la tête du Conseil des droits de l’homme.

Comme le rappelle Amnesty International, les dirigeants saoudiens «ont pris pour cible la communauté des défenseurs des droits humains, petite mais active, et elles ont utilisé les lois antiterroristes pour réprimer ses activités pacifiques qui visent à dénoncer et à combattre les violations des droits humains».

Gays persécutés
Le pays a un bilan désastreux pour les libertés religieuse et d’expression, comme illustré récemment par l’affaire Raif Badawi, un bloggeur et opposant condamné au fouet et à la prison en dépit d’une mobilisation internationale. Riyadh bafoue également les droits des femmes les plus élémentaires et persécute les minorités sexuelles. L’homosexualité est théoriquement passible de la peine de mort. En pratique, les hommes gay sont à la merci de la police religieuse, le Comité pour la propagation de la vertu et la prévention du vice. Un des cas les plus récents est celui d’un jeune homme de 24 ans arrêté en 2014 après avoir utilisé Twitter pour rencontrer d’autres hommes. Il avait écopé de 3 ans de prison et 450 coups de fouet.

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Mise à jour 23.09.2015 08:49
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