Chroniques Éveil

«Le sexe a un goût et une odeur»

Christine à 39 ans. Elle a accepté de se confier à «360°» afin d’inaugurer une série de rencontres qui vont parler de votre vision du sexe.

14 mai 2015 | par

courbet
«Le Sommeil», Gustave Courbet

C’est dans l’immense cuisine de son appartement de Carouge que Christine m’accueille. Ici une vertigineuse collection de BD et là une grande table pour recevoir. Cette Genevoise de 39 ans a choisi ce lieu intime pour parler d’un sujet qui l’est davantage: sa sexualité. Alors c’est sans doute pour se donner un peu d’aplomb qu’elle débouche une bouteille de rosé avant d’entrer dans le vif du sujet.

32 ans d’abstinence
«On vit dans une société qui se veut sexuelle alors qu’on nous apprend en fait peu de choses sur la réalité du sexe. Je suis lesbienne et je trouve que ce qu’on nous donne à voir, ce sont des idéaux assez désincarnés. Dans les faits, le sexe à un goût, une odeur, un toucher. Ça n’a rien à voir avec la plastique. Mais ça, je l’ai découvert avec l’expérience».

J’ai eu mon premier rapport très tard, à 32 ans avec ma première copine. Pendant longtemps, je n’ai eu que des amours impossibles parce que je tombais amoureuse de filles hétéros. Pour moi, le sexe représentait la concrétisation de mon homosexualité. C’était un vrai gouffre. Un truc noir dans lequel je n’osais pas me lancer, jusqu’à ce que ça devienne trop insupportable. Depuis, je me suis rattrapée. J’ai eu quelques histoires d’amour qui ont duré assez longtemps. A près de 40 ans, je sais aujourd’hui ce qui me plaît sur le plan sexuel. J’aime être dominée. La voix est quelque chose qui m’excite beaucoup. Les voix graves surtout. J’ai aussi appris à me désinhiber. Avant je faisais l’amour les yeux fermés. Maintenant les barrières sont tombées.

Le summum du plaisir? Un cunni avec une pénétration simple ou double. C’est le top quand même! C’est avec ma première copine que j’ai franchi le pas. Je me souviens que j’étais terrifiée mais elle a plutôt bien géré l’affaire. Elle mettait une bonne dose d’humour et ça me mettait à l’aise. Nous étions parties en week-end et dès le premier soir, elle m’a plaquée au lit. On a eu de longs préliminaires. La main qui glisse dans les sous-vêtements. Puis les corps qui se dénudent et les peaux qui se touchent. J’ai eu un pincement de trouille à l’idée de la déshabiller. C’est là qu’on se rend compte qu’on doit agir et montrer à l’autre qu’il est désiré. J’ai eu mon tout premier orgasme peu de temps après. Elle m’a masturbée et là le plaisir a atteint son sommet mais je n’ai pas non plus vécu ça comme le premier miracle de ma vie. Pendant quatre ans, nous avons eu une sexualité plutôt classique et routinière.

De la fiction à la réalité
Puis j’ai découvert le monde d’internet. J’ai alors compris que je pouvais avoir du sexe par ce biais. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai rencontré toutes mes autres copines. La première fois que je suis allée sur un site de rencontres, j’ai fait connaissance avec une femme et très vite, nos échanges ont pris une tournure sexuelle. Elle me disait «J’ai envie de te lécher le clit’ pendant que je te mets deux doigts».

Sex-toys
C’était cru mais je devais aimer ça puisque je m’empressais vers mon téléphone dès que je recevais un message d’elle. Puis on s’est rencontré dans la réalité. Avec elle, j’ai découvert la sodomie et la double pénétration. C’est elle qui me le demandait. Je l’ai bien vécu. Mais l’histoire n’a pas duré. Par la suite, j’ai rencontré la femme qui m’a véritablement permis de m’épanouir sexuellement. Et elle avait 14 ans de moins que moi. Dès notre rencontre, c’était tout de suite très intense. La première fois qu’on s’est vues dans l’intimité, elle m’a littéralement sauté dessus. Elle me retournait dans tous les sens. Elle était jeune mais elle avait déjà beaucoup d’expérience. Elle savait très exactement ce qu’elle voulait. Elle a réussi à me mettre dans une position que j’avais toujours refusée: à quatre pattes. J’ai adoré ça. Elle parlait aussi quand elle faisait l’amour, en arabe, sa langue maternelle. Ça m’excitait et elle le savait. On est restée ensemble un an. Avec elle, dès qu’on évoquait un désir, on passait tout de suite à l’action. Positions, jeux de domination soft, sodomie, sex-toys, boules de geisha… On a tout essayé.

Ma dernière relation sexuelle? C’était il y a un an environ avec ma dernière copine. Maintenant que je suis célibataire, j’aimerais bien avoir une histoire d’un soir. Je n’ai encore jamais connu ça. Ce qui m’attire c’est l’idée de la rencontre sans lendemain, moi qui aime le voyage et qui suis une noctambule, ça pourrait me plaire. Quand les rencontres sont sans attentes et sans horizon, pas besoin de jouer, les masques tombent.»

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Mise à jour 26.12.2015 10:53
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Un commentaire

  1. Par NicolasD:

    Oh la la !
    Une femme une vraie, qui s’assume. Parole de gay, et papa de quatre enfants.

    J’adore cet esprit, cette liberté. Dommage que la mère de mes enfants n’a jamais assumé ça. On aurait pu continuer, pourquoi pas à quatre…avec mon mec et elle avec son mec ou sa nana, des nuits torrides physiques jusqu’à saturation, pour mieux recommencer le lendemain.

    Je déteste la routine et toi aussi. Ah le destin, quelle drôle d’histoire !

    Nous aurions pu éviter le désastre des effets secondaires de notre rupture sur les enfants.

    Amuses toi et profites de la vie, croque comme dans une orange juteuse. Tu as raison, si ton destin te le permets.

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