Monde Serbie

Pride pacifique dans une capitale en état de siège

La police a été déployée en force dans Belgrade pour protéger la première marche LGBT autorisée depuis les violences de 2010. L'événement s'est achevé sans heurts ou presque.

28 sept. 2014 | par

pride-belgrade-2014
Photo Twitter ‏@stefanogiantin

La Pride 2014 s’est déroulée sans encombres ou presque. Il faut dire que les forces de l’ordre avaient mis le paquet: rues fermées à la circulation, triple cordon policier avec contrôles d’identité systématiques, forces anti-émeutes, hélicoptères… InSerbia raconte que la police a même lancé des aérostats munis de caméras dans le ciel de la capitale. Des juges ont également été réquisitionnés pour juger d’éventuels fauteurs de troubles en comparution immédiate.

La marche elle-même a rassemblé un millier de personnes derrière le slogan «fierté pour tous!». Elles ont défilé dans un centre-ville plutôt désert, où des magasins avaient barricadé leur devanture en prévision de possibles actes de vandalisme.

Pour les autorités, la tenue de l’événement était un test en vue d’une future adhésion à l’UE. Une partie du gouvernement (dont son chef, Aleksandar Vucic) a soutenu l’organisation de la Pride (en se bouchant le nez). Toutefois, trois ministres avaient annoncé leur participation, dont celle de l’Intégration européenne. En outre, plusieurs ambassadeurs étaient présents, de même que le maire de Belgrade, Sinisa Mali.

Contre-manif

A l’appel des mouvements ultranationalistes Dveri et 1389, une contre-manifestation s’est tenue devant la cathédrale Saint Sava, en présence du propre frère du Premier ministre, Andrej Vucic. Selon des sites serbes, ce dernier aurait été passé à tabac par les forces de l’ordre au cours d’un contrôle d’identité et emmené à l’hôpital. Quelques tentatives isolées de perturber la marche ont également été rapportées, ainsi que des accrochages avec les agents. Au total, la police a procédé à 50 arrestations, selon le tabloïd «Blic». En fin d’après-midi, malgré la dispersion de la pride, la situation n’apparaissait pas stabilisée.

En 2010, la parade avait donné lieu à un déferlement de violence et de vandalisme dans le centre de Belgrade. Une centaine de policiers avaient été blessés lors d’affrontements déclenchés par des hooligans et des militants nationalistes.

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Mise à jour 29.09.2014 11:00
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