Monde États-Unis

Quartiers gay en voie de dilution

Un chercheur canadien a constaté la perte de poids démographique des homosexuels dans leurs secteurs historiques au coeur des grandes villes américaines.

29 juillet 2014 | par

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Le Castro, à San Francisco, est la mecque de la communauté gay depuis bientôt un demi-siècle. Photo: torbakhopper /flickr cc

Les plus célèbres s’appellent Castro (San Francisco), Boystown (Chicago) ou West Hollywood (Los Angeles): les quartiers gay des grandes villes américaines seraient-ils en voie de disparition? C’est le constat que fait le sociologue Amin Ghaziani, de l’Université de Colombie britannique à Vancouver (Canada). Le chercheur a étudié l’évolution démographique des «gayborhoods» ces dix dernières années. Or ils ont connu forte baisse de leur population homosexuelle. Le nombre de gays a baissé de 8% et celui des lesbiennes de 13%, en moyenne.

Ce phénomène intervient alors que ces zones connaissent un processus de gentrification. Conséquence No.1: des prix de l’immobilier qui s’envolent, et chassent une part moins favorisée de la communauté LGBT, ainsi qu’une partie de sa scène commerciale. Mais ce n’est de loin pas le principal facteur de la fuite des gays et des lesbiennes. Mieux acceptés socialement, ils sont désormais plus enclins à déménager dans des quartiers traditionnellement straight, selon l’auteur. Les couples de même sexe avec enfants s’installent, par exemple, à proximité des écoles les plus cotées.

Espaces à préserver
La dilution de la population gay et lesbienne dans les villes américaines est une transformation qui en réjouira certains. C’est la fin d’un ghetto, après tout! Toutefois, ce phénomène pose des questions préoccupantes, sur l’influence culturelle des LGBT, aussi bien que sur leur poids politique et électoral. «Les quartiers gay ont été fondamentaux dans la lutte pour la liberté,et ils ont produit des contributions qui ont eu des répercussions mondiales, dans les domaines de la politique, aussi bien que dans ceux de la musique, de la poésie ou de la mode, rappelle le sociologue. L’acceptation croissante des couples de même sexe est extrêmement positive, mais il est important que nous continuions à trouver des moyens de préserver ces espaces culturellement importants.»

A l’inverse, Amin Ghaziani relève l’émergence de petites communautés LGBT dans les quartiers habités par les minorités ethniques – peut-être que c’est là qu’apparaîtront les «gayborhoods» du futur.

«There Goes the Gayborhood?», Amin Ghaziani, Princeton Studies in Cultural Sociology, 2014.

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Mise à jour 16.08.2014 07:53
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