Suisse Berne

Les jeunes s’attaquent à l’homophobie

Du 14 au 17 Novembre, 200 jeunes issus de toute la Suisse vont siéger à la session des jeunes à Berne. L’un des thèmes qu’ils vont empoigner est l’homophobie. Zoom sur une génération en phase avec les problématiques actuelles.

12 nov. 2013 | par

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A travers la Session, chaque année plus de 200 jeunes ont un aperçu du processus de la politique suisse. Photo: © Pascal Spycher.

La Session des Jeunes c’est l’événement politique national pour les Helvètes de 14 à 21 ans. Trois jours durant, réunis en commissions ou lors de l’assemblée plénière, les politiciens en herbe vont émettre des propositions sur six thèmes dont l’homophobie. Les propositions ont été soumises au vote des jeunes sur internet, notamment sur Facebook, et l’homophobie a remporté tous les suffrages se plaçant en tête des thèmes élus. Un choix reflet de l’émotion suscitée par les événements récents: polémique autour du mariage en France, lois homophobes en Russie… Répercussions louables de faits déplorables.

Comme des grands
Deux cents jeunes ont été sélectionnés sur plus de 500 inscriptions. Plusieurs critères entrent en jeu: parité homme/femme, répartition de sièges égale à celle du Parlement National et la plus grande diversité de formations possible.

Afin de se préparer au mieux, des dossiers sur chaque thème sont rédigés par les membres de l’organisation en collaboration avec des experts en la question. Pink Cross, LGBT Youth et le bureau pour l’égalité homme femme ont collaboré à la rédaction d’un dossier d’une vingtaine de pages présentant la situation de l’homophobie en Suisse, à l’international, les dispositions légales, initiatives, débat actuels (adoption) et des liens de référence externes. Les commissions chargées de plancher sur un des thèmes auront aussi l’occasion de rencontrer des experts (généralement ceux ayant collaboré à la rédaction du dossier d’information).

Ricochets
Si la Session des Jeunes n’a pas de pouvoir politique effectif, ses décisions et débats ne restent pas pour autant confidentiels. Lors de l’Assemblée générale, les propositions sont remises au Président du Conseil National et les commissions ad hoc sont tenues de mettre l’examen de ces document à leur ordre du jour.

Les politiques suisses de sont pas les seuls avertis: des «stagements» informent en priorité les médias et le grand public et des «idées de projet» portent des revendications auprès d’ONG et de Conférences Internationales.

L’écho de la Session de Jeunes est donc large. Les résultats et décisions de l’édition de cette année seront disponible à tout un chacun sur internet dès la fin novembre. Espérons que le regard de la nouvelle génération sur l’homophobie suscitera de nouveaux élans institutionnels!

En savoir plus: Session des Jeunes: www.jugendsession.ch

Trois Questions à Manuel Tornare, conseiller national

– Que pensez-vous du plébiscite rencontré par le thème de l’homophobie à la Session de Jeunes?
– Je trouve ce choix excellent! Malheureusement, les événements récents tels que les nouvelles lois russes contre la «promotion de l’homosexualité» ou le débat sur le mariage gay en France ont provoqué des regains d’homophobie et de violence. Il est rassurant de voir qu’ils suscitent aussi des réactions positives.

– Le sujet est pris à bras le corps par la nouvelle génération. Serait-il temps que leurs aînés le fassent?
– Il serait grand temps que les politiques prennent la question à bras le corps, en effet! Il faudrait un vrai débat sur le thème sans que le temps de parole soit monopolisé par des horreurs. Certains politiciens, de gauche comme de droite, gardent des réflexes homophobes bien aiguisés.

– Quelles répercussions espérez-vous pour cette initiative?
– Quand on entend le discours de certains parlementaires on peut douter que la Session des Jeunes ait un impact concret. Ce que je souhaite surtout c’est que lorsque ces jeunes embrasseront une carrière politique plus tard, ils conservent leur ouverture d’esprit et ne changent pas de discours!

Homophobie constitutionnelle

Aujourd’hui en Suisse, l’homophobie pas n’est toujours inscrite dans le Code Pénal. Mathias Reinhart, Conseiller National Socialiste Valaisan, a déposé une initiative parlementaire pour combler ce vide juridique. Déposé en mars 2013, le texte devra être traité à la session de mars 2014. De nombreuses signatures ont été récoltées dont un bon nombre provenant de parlementaires de droite: PDC, PLR, Vert Libéraux… «Je pense que le fait que la proposition vienne de quelqu’un issu d’un canton réputé conservateur a pu jouer un rôle positif», nous confie Mathias Reinhart. Le Parlementaire participera cette année à la Session des Jeunes pour aborder le thème de l’homophobie.

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Mise à jour 29.08.2014 08:21
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