Monde Erevan

Gays arméniens sous la menace d’une loi antigay

Un texte inspiré des dispositions russe contre les «relations sexuelles non traditionnelles» a été brièvement présenté par les forces de police, avant d'être retiré. Un inquiétant ballon d'essai pour la communauté LGBT du pays caucasien.

9 août 2013 | par

police-armenie
Les armoiries de la police nationale arménienne, à l'initiative de l'éphémère projet de loi antigay.

Le fantasme de la «propagande gay» continue de se propager dans les pays de l’ex-Union soviétique. Après l’Ukraine ou la Lituanie, voici que les autorités arméniennes ont rédigé un projet de loi inspiré du modèle russe. Le texte, rédigé curieusement à l’initiative de la police nationale, a été présenté cette semaine. Il prévoyait d’instituer un système d’amende pouvant atteindre l’équivalent de 4000 dollars pour dissuader la soi-disant promotion des «relations sexuelles non traditionnelles», rapporte Gay Star News. Il s’agissait, selon un refrain connu, de «protéger le modèle de la famille traditionnelle arménienne» contre un «phénomène étranger à la mentalité nationale arménienne». Mais les autorités semblent avoir fait marche arrière.

Le projet de loi a été retiré hier. Un porte-parole de la police a expliqué qu’il «n’était pas prioritaire». Selon le site arménien Azatutyun.com, le pouvoir aurait eu peur d’un retour de bâton de la communauté internationale, alors que la loi antigay russe provoque une tension croissante entre Moscou et les chancelleries occidentales.

«Nous vivons dans l’ombre de la Russie»
Le régime d’Erevan est étroitement allié au Kremlin. «Nous vivons réellement dans l’ombre de la Russie» a commenté Mamikon Hovsepian, du groupe Pink Armenia. Pour lui, la publication de ce projet de loi est une diversion démagogique, alors que le pays s’enfonce dans une profonde crise socioéconomique. Le porte-parole de la police a, lui, démenti la thèse des pressions internationales: le texte aurait été mis de côté en raison de «lacunes» non spécifiées. Il répond, ajoute-t-il à des lettres de réclamations de citoyens indignés par des «manifestations publiques d’homosexualité» perçues comme de plus en plus fréquentes.

L’homosexualité a été dépénalisée en 2003 en Arménie. Le climat y reste particulièrement hostile aux minorités sexuelles, malgré l’existence de groupes et d’une scène LGBT discrets. En mai 2012, un groupe néonazi avait mis le feu à un bar lesbien d’Erevan.

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Mise à jour 10.08.2013 00:07
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Un commentaire

  1. Par liliou29:

    “phénomène étranger à la mentalité nationale arménienne»
    ha bon ? les homos existaient pas avant en arménie ? ce sont des immigrés occidentaux ?

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