Monde états-unis

Leur faire-part se transforme en tract homophobe

Un couple d'Américains attaque en justice une organisation ayant trafiqué leur photo de fiançailles pour les besoins d'une campagne antigay.

27 sept. 2012 | par

fiancailles
Bryan et Tom sur la photo originale de 2010, devant le skyline new-yorkais. A gauche, le cliché recyclé par Public Advocate.

Bryan et Tom sont écœurés. Cet été, ce couple du New Jersey a eu la surprise de découvrir leur photo sur du matériel de propagande antigay. Et pas n’importe quel cliché: celui de leur faire-part de fiançailles, qu’ils avaient fait réaliser par une photographe professionnelle il y a deux ans. Elle avait immortalisé un baiser avec Manhattan comme toile de fond. Ils attaquent aujourd’hui l’organisation qui leur a volé leur image: Public Advocate of the United States, un groupe connu des organisations antidiscrimination de par sa rhétorique haineuse à l’égard des gays. Par le passé, elle a notamment réalisé un appel aux dons en agitant le spectre d’un «monde où la police permettrait à des adultes homosexuels de violer les jeunes garçon dans les rues» ou de «mariage entre homme et âne», note le Huffington Post.

«Ignoble»
Quant à la photo du couple, Public Advocate l’a utilisée dans une campagne visant un député républicain du Colorado, «coupable» d’être favorable à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Dans l’adaptation, le panorama new-yorkais a été remplacé par des sapins enneigés, beaucoup plus conformes aux paysages des Rocheuses. Le montage est barré de cette question: «Voilà l’idée que le Sénateur Jean White se fait de la famille?» Au moins un autre élu aurait été attaqué avec le même visuel. En tous les cas, Bryan et Tom y sont clairement reconnaissables.

«Quand vous rencontrez la personne avec laquelle vous passerez toute votre vie et que vous décidez de fixer ce moment sur une photographie, se le faire voler du jour au lendemain est ignoble», a confié Tom. A ce jour, Public Advocate a ignoré les lettres du couple et du Southern Poverty Law Center, qui le défend, demandant à ce que l’organisation cesse d’utiliser l’image. Son président, un certain Eugene Delgaudio, devra donc répondre de violation du droit d’auteur et du droit à l’image. Ce n’est pas son seul souci en ce moment: l’homme, qui siège également à l’exécutif d’un comté de Virginie, est dans le collimateur du FBI pour avoir utilisé le personnel de sa collectivité locale afin de récolter des fonds en faveur de son organisation.

Mise à jour 11.09.2014 14:21

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