Monde République tchèque

La Pride de Prague fait des vagues jusqu’en Amérique

Tandis que des intégristes appellent à une «pride des gens normaux» en marge de la parade LGBT de samedi, l'Ambassade américaine est sous le feu des critiques pour son soutien à la manif.

15 août 2012 | par

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La marche des fiertés pragoise de 2011. Photo: www.praguepride.com

On ne peut pas dire que les festivités de la deuxième Pride de Prague s’ouvrent dans une atmosphère apaisée. Un groupe d’extrême droite D.O.S.T. («A.S.S.E.Z.») a appelé à une contre-manifestation samedi, en marge de la parade qui clôturera le Pride festival. Objectif déclaré: «défendre la fierté des gens normaux». Le mouvement xénophobe, proche des milieux fondamentalistes catholiques, a d’ailleurs adressé une protestation contre le soutien accordé à l’événement par la mairie. Il essaie ainsi de mettre la majorité conservatrice face à ses contradictions. «Le festival représente principalement une semaine consacrée à l’homoérotisme et à l’industrie pornographique. C’est la promotion d’un style de vie socialement destructeur», a expliqué le président du mouvement lors d’une conférence de presse, rapporte l’agence ČTK. Comble de l’abomination pour les populistes, la Pride 2012 met à l’honneur les LGBT appartenant à la minorité rom.

Quelque 25’000 personne participé au Pride festival 2011 – le premier organisé dans la capitale tchèque. D.O.S.T. avait déjà tenté de le perturber – sans grand effet. A l’époque, le président Vaclav Klaus y avait apporté son soutien implicite aux militants d’extrême droite, en disant que s’il n’avait «rien contre les homosexuels», il s’opposait à l’«homosexualisme» dont le défilé faisait, selon lui, l’apologie. Ce à quoi l’auteur Karel Hvížďal avait rétorqué: «Ce qui nous inquiète, ce n’est pas [Vaclav] Klaus, mais le klausisme», comme le rappelle le site de Radio Prague.

Vous avez dit impérialisme culturel?
Lundi, c’est l’Ambassadeur des Etats-Unis en personne qui a ouvert le festival au nom des efforts du «président Obama pour affermir les droits de la communauté LGBT globale». Ce soutien chaleureux a fait des vagues auprès du Congrès mondial des familles. Cette organisation ultraconservatrice basée dans la capitale tchèque a fait circuler une lettre condamnant la promotion «agressive de l’agenda gay international» par Washington – une forme d’«impérialisme culturel», selon le Congrès. Cent vingt signatures de personnalités, principalement des leaders religieux catholiques, protestants et juifs américains. Qui, soit dit en passant, s’y connaissent admirablement en matière d’impérialisme culturel, qu’ils pratiquent avec ardeur en Afrique, par exemple.

Il est de plus en plus fréquent que des ambassades étrangères soutiennent les initiatives pour les droits des LGBT dans les pays d’Europe centrale et des Balkans, y compris les gay prides. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas sont habituellement en pointe dans ce domaine. Mais la France, la Suisse, la Belgique et le Canada y vont habituellement aussi de leurs lettres de soutien.

Mise à jour 11.09.2014 15:01

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