Suisse Coup tordu

Mariage gay: vers une interdiction «préventive» en Suisse?

Sous couvert d'une initiative populaire en faveur d'allègement fiscaux aux couples mariés, le PDC tente de bétonner le caractère hétéro du mariage en Suisse. Une offensive qui prend de court les organisations LGBT.

25 août 2011 | par

pdc-initiative

Les lesbiennes et les gays ne doivent pas signer l’initiative «Pour le couple et la famille –
Non à la pénalisation du mariage»
: les organisations homosexuelles nationales Pink Cross et LOS mettent en garde le public contre le texte du Parti démocrate-chrétien (PDC). Sous couvert d’une réforme fiscale en faveur des familles, opportunément lancée à quelques mois des élections fédérales, le PDC proposerait rien de moins qu’une «Prop 8» à la mode helvétique. En effet, le texte propose subrepticement d’inscrire dans la Constitution une définition du mariage comme étant «l’union durable réglementée par la loi d’un homme et d’une femme», ainsi que l’avait relevé ce printemps la revue «Domaine public». Or, cette précision n’est, actuellement, pas présente dans les principes fondamentaux de la Confédération.

Cette proposition d’inscrire dans le marbre du caractère hétérosexuel du mariage, comme c’est le cas dans les Etats américains les plus conservateurs, est-elle un fait exprès? Le directeur du nouveau groupe de travail gay au sein du PDC, Stefan Gassmann, ne veut pas y croire. «La formulation est malheureuse», explique simplement le Lucernois à la «Südostschweiz». Porte-parole du PDC, Marianne Binder minimise. Pour elle, le passage contesté de l’initiative ne fait que clarifier une situation implicite. «C’est notre compréhension du mariage, mais aussi celle du législateur», indique-t-elle.

Division dans les associations LGBT
Ce débat imprévu sur le mariage gay met aussi mal à l’aise les organisations homosexuelles. Six ans après l’adoption par le peuple de la loi sur le partenariat enregistré, aucune d’entre elles ne revendique l’ouverture du mariage entre personnes de même sexe. La question, qui divise dans leurs propres rangs, doit toutefois rester ouverte pour le futur. Et la LOS de noter que l’état civil «partenarié» entraîne, par exemple, un coming-out public forcé. Le partenariat enregistré est, par ailleurs, une union de seconde zone, en ce qu’elle exclut les gays et lesbiennes de l’adoption et du recours à la procréation assistée.

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Mise à jour 30.11.2015 10:27
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Un commentaire

  1. Par Lonfat Myriam:

    Ancienne députée au Grand conseil genevois, ancienne conseillère municipale Ville de Genève, candidate au Conseil National Gauche combative Liste 20, suis je suis élue à Berne, je proposerai les mêmes droits au niveau du mariage, de l’adoption d’enfants pour les couples gay, lesbien, transgenre.
    Il est impératif de s’adapter à l’évolution de la société et au respect de la Déclaration des Droits de l’homme, par extension qui dit “tous sont égaux en droits”.

    Myriam Lonfat

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