Gandhi bisexuel, fasciné par un culturiste

Une biographie récemment parue aux Etats-Unis du Mahatma Gandhi écorne quelque peu le mythe du grand ascète indien. Dans «Great Soul», Joseph Lelyveld, un journaliste du «New York Times» s'intéresse de près à la sexualité du leader. Il avance, en particulier, qu'il a entretenu une passion avec un architecte juif d'origine allemande du nom d'Hermann Kallenbach en Afrique du Sud.
Allusions osées
Lelyveld s'appuie la correspondance de Gandhi pour affirmer que ce dernier aurait quitté sa femme en 1908 pour Kallenbach. Il avait alors 39 ans, et l'architecte allemand, par ailleurs adepte du culturisme, 48. «Votre portrait (et lui seul) repose sur le manteau de cheminée de ma chambre à coucher... face au lit», lui écrit-il. Dans un autre message, il lui confie «à quel point [il a] pris possession de [son] corps.» Lelyveld relève que leurs lettres sont parsemées d'allusions cryptées (mais néanmoins transparentes). Gandhi y parle de lui-même comme de la «Chambre haute» et de Kallenbach comme la «Chambre basse». Pour couronner le tout, il écrit un jour que la Vaseline lui rappelait son ami.
Relation épistolaire
La relation aurait duré jusqu'au départ de Gandhi pour l'Inde, en 1915, mais continue sous forme épistolaire dans les années 1930. Les deux amis se reverront à la fin de la décennie, quand Kallenbach est enrôlé par les futurs dirigeants du futur Etat d'Israël pour approcher Gandhi et obtenir son soutien à l'entreprise sioniste. Kellenbach meurt en 1945, trois avant avant l'assassinat du Mahatma.
Ce n'est pas le seul aspect controversé de l'ouvrage de Lelyveld, qui décrit l'inspirateur de l'indépendance indienne comme un homme en proie à un appétit sexuel guère en harmonie avec ses idéaux ascétiques qu'il professait depuis son ashram. Le livre décrit également Gandhi comme animé de profonds préjugés à l'encontre des noirs en Afrique du Sud.
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