Le label «gay-only» menacé au nom de l’égalité

L'affaire avait été très médiatisée, suscitant un tollé dans la presse populaire britannique: le mois dernier, les propriétaires d'un Bed & Breakfast de Cornouailles qui avaient refusé de louer une chambre double à un couple d'hommes s'étaient vus condamnés pour discrimination à une amende de plus de 5000 fr. (environ 3700 euros). A présent, l'instance qui avait traité cette affaire, la Commission britannique de l'égalité et des droits humains, a entrepris une enquête pour tenter d'établir si des établissements gay ne pratiquent pas des formes de discrimination renversée à l'égard des hétéros. Dans le collimateur de l'organisme, les hébergements estampillés «gay-only»: tout au plus une vingtaine d'hôtels et de chambres d'hôtes à travers le Royaume-Uni. La Commission, si elle admet ne pas avoir reçu de plaintes en ce sens, justifie sa démarche par une recherche d'«équilibre objectif», rapporte le «Daily Telegraph».
Embarrassant
Les hôteliers concernés ont déjà averti qu'une législation les empêchant de promouvoir leurs services comme réservés aux gays pourrait leur faire mettre la clé sous la porte. Le gérant d'un hôtel de Blackpool, une station balnéaire du nord de l'Angleterre, craint de perdre sa clientèle s'il devait accepter les hétérosexuels: «[Nos clients habituels] se sentiraient embarrassés. Beaucoup aiment juste s'asseoir sur un canapé dans le lounge et se câliner en regardant un film.»
Depuis peu, les bars gay australiens doivent aussi renoncer à leur politique d'admission, après qu'une disco gay de Victoria s'est vue interdire de filtrer ses clients en fonction de leur orientation sexuelle. Les portiers ne sont plus en mesure que d'avertir les clients qu'ils entrent dans un établissement gay.
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