Monde Ineptie

Requérants homos soumis à des tests dégradants

La République tchèque tente de débusquer de «faux» demandeurs d'asile homosexuels en mesurant leur sexe durant la projection de films X. La pratique est dénoncée par une agence de l'UE.

7 déc. 2010 | par

phallometrie
L'examen phallométrique, censé mesurer l'attraction sexuelle pour certains objets, a été développé dans les années 1950 en Tchécoslovaquie comme une alternative physiologique aux méthodes d'investigations psychologiques.

En Europe, les demandes l’asile suite à des persécutions homophobes sont généralement évaluées au moyen d’entretiens. Pour certains Etats, toutefois, cela ne semble plus suffire. De fait, la République tchèque recourt depuis quelques temps à des examens dits «phallométriques» pour tester l’homosexualité de requérants. La pratique a été découverte par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA), un organisme basé à Vienne, un peu par hasard. C’est un jugement rendu en 2009 au Schleswig-Holstein qui a mis la puce à l’oreille de la FRA. Ce Land allemand a autorisé à titre temporaire le séjour d’un réfugié iranien après que celui-ci avait passé le test en République tchèque.

Le principe de l’examen «phallométrique» est simple, voire simpliste: le sujet est exposé à un film porno hétérosexuel. Si son pénis, dont l’alimentation en sang est mesuré par des capteurs, ne réagit pas aux scènes érotiques, bingo: c’est qu’il est homosexuel. Le processus est supervisé par un sexologue et n’est pas réalisé sans le consentement écrit du requérant, précisent les autorités tchèques.

Traitement dégradant
Outre la validité douteuse des résultats de ces tests (quid des bisexuels, par exemple), la FRA souligne que cette pratique pourrait être contraire à la Convention européenne des droits de l’homme. Elle constitue un traitement dégradant et une violation de la sphère privée. Le fait que le sujet donne son accord explicite n’en rend pas moins la méthode inacceptable, selon l’Agence. «Dans le cas où la demande d’asile ou de protection risque d’être rejetée à moins que ce consentement soit accordé, la notion de consentement libre n’a plus guère de sens», souligne le rapport.

» Le rapport complet sur le site de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne. «Homophobia, transphobia and discrimination on grounds of sexual orientation and gender identity», 2010 Update (.pdf)

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Mise à jour 24.12.2015 10:57
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Un commentaire

  1. Par Tazman:

    Heuuu il n’y a pas de mec à poil dans les films hétéro ? o_O

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