Une théorie explique l’homosexualité des oiseaux

Régulièrement, les zoos à travers le monde rapportent de jolies histoires de cigognes mâles filant le parfait amour en duo ou d'autres, de couples pas si contre-nature de zèbres, de chimpanzés et autres caméléons. L'homosexualité semble particulièrement fréquente dans un genre animal: les oiseaux. Chez les oies cendrées, par exemple, un couple sur cinq est composé de deux mâles.
Depuis 2007, un biologiste australien, Geoff McFarlane, de l'Université de Newcastle, étudie ce phénomène. Il vient d'en tirer une théorie, dont le site américain LiveScience s'est fait l'écho. Elle se résume assez simplement: plus l'animal a des obligations parentales légères, plus il est «volage» et a tendance à pratiquer le sexe avec plusieurs partenaires – quelque soit leur sexe. Or l'oiseau est l'un des types d'animaux qui passe le moins de temps à élever des petits, libérant ainsi des occasions de flirter à sa guise.
Du platonique au hard
Le Pr McFarlane et son équipe se sont basés sur des observations à l'état sauvage rapportées à travers le monde pour 93 espèces d'oiseaux. Elles révèlent que 5% de l'activité sexuelle des oiseaux est homosexuelle. Et ils ne s'agit pas de compter fleurette: les rapports homos chez les oiseaux vont du platonique au hard, avec exhibition et contact de parties génitales. Les mâles, évidemment, en profitent davantage que les femelles. Mais dans les espèces où le mâle s'occupe beaucoup des oisillons, les aventures sapphiques ne sont pas exclues chez les femelles.
Pour le biologiste, cette nouvelle théorie va à l'encontre d'une idée reçue: que l'homosexualité serait un handicap à la reproduction. Rien de tout cela: les mâles les plus gay-friendly semblent avoir le même succès reproductif que leurs congénaires strictement hétéros. Par ailleurs, les rapports homosexuels pourraient obéir à une stratégie permettant d'établir des alliances avec d'autres individus pour renforcer une position sociale, défendre un territoire... voire aider à élever des petits.
L'équipe du Pr McFarlane compte maintenant vérifier ces hypothèses auprès d'une nouvelle famille animale: celle des primates.










