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Liberté pour le couple homosexuel du Malawi

  • 30 mai 2010
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Malawi
Après cinq mois en prison, Steven Monjeza et Tiwonge Chimbalanga, vont bénéficier d'une grâce présidentielle annoncée lors d'une visite à Blantyre du secrétaire général de l'ONU.

Leur «crime»: avoir symboliquement célébré leur mariage. Steven Monjeza et Tiwonge Chimbalanga, qui avaient été condamnés le 20 mai à la peine maximale requise de 14 ans de prison, seront finalement libérés. C'est le président du Malawi lui-même qui l'a annoncé samedi lors d'une conférence de presse en marge d'une visite à Blantyre du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon. La grâce a été accordée «pour raisons humanitaires», a précisé le chef de ce petit Etat d'Afrique australe Bingu wa Mutharika. Il a néanmoins affirmé que Monjeza et Tiwonge avaient «commis un crime contre la culture et la religion.» Dans son discours, Ban Ki-Moon a pour sa part déploré la criminalisation de personnes sur la base de leur orientation sexuelle.

Steven Monjeza, un homme de 26 ans, et Tiwonge Chimbalanga, 20 ans, qui se définit en tant que femme, avaient été arrêtés fin décembre. Ils auraient subi des violence au cours des cinq mois qu'ils ont passés en prison. Lors de leur procès, tous deux étaient apparus très affaiblis à la barre, Monjeza serait, en outre, gravement malade.

«L'argent a parlé»

Leur condamnation, assortie de travaux forcés, avait été qualifiée par plusieurs pays soutenant économiquement le Malawi de grave atteinte aux droits de l'homme. Certains bailleurs de fonds avaient même laissé entrevoir la possibilité d'imposer des sanctions à ce pays dépendant à 40% de l'aide internationale au développement. «Les gens avec de l'argent ont eu gain de cause. L'argent a parlé», résumait hier un site d'information proche du pouvoir, saluant malgré tout la décision du président comme «raisonnable». La presse populaire, qui réclamait une extrême sévérité à l'encontre des deux prévenus, devrait donner un tout autre écho à cette libération. De fait, il pèse sur le couple de graves menaces de violences physiques. Une organisation locale de défense des droits humains a promis de fournir un refuge au couple dès leur libération effective, attendue lundi ou mardi, voire de leur permettre de quitter le pays.

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