Promenons-nous dans les bois
Le choix. Ou est-ce la tentation de rentrer dans le rang, de suivre la majorité ? Dans Le roi de l’évasion, projeté à la Quinzaine des réalisateurs au dernier Festival de Cannes, le réalisateur Alain Guiraudie plante un décor de France simple et agraire pour mieux questionner les convictions de chacun ; le résultat, entre cynisme et surréalisme jubilatoire, joue la carte de la nuance plutôt que du militantisme manichéen. Car tout va basculer lorsqu’Armand (le regard mi-bouffi mi-charmeur de Ludovic Berthillot) tombe sous le charme de Curly (la fraicheur de Hafsia Herzi), jeune lycéenne espiègle de seize ans à peine, qui se trouve être la fille d’un collègue de travail au front particulièrement bas…
Sexagénaires bedonnants
Un, deux, trois, nous irons au bois – la partie de cache-cache commence pour le couple improbable, qui baise à chaque coin de buisson, au grand dam des bien-pensants. Fuir les lois, la société, le voisinage nauséabond, bientôt toute la ville et la police sont à leurs trousses. Mais c’est sans compter sur les ressources étranges de la forêt : on y trouve de la «dourougne», sorte de mandragore qui décuple les capacités physiques et donnent furieusement envie de s’envoyer en l’air…
Alors ça y est, il aura suffi d’une adolescente en fleur pour qu’Armand vire sa cuti ? Ce serait trop simple. La donzelle lui susurre un «je t’aime», et voilà notre homme qui s’enfuit encore à travers champs et bosquets. Il y rencontrera peut-être le «vieux queutard», baiseur mythique au membre turgescent. Ou alors cherchera le réconfort dans cette cabane isolée, où quelques sexagénaires bedonnants partagent un peu de chaleur humaine et charnelle. Comme pour rappeler que l’orientation sexuelle n’est de loin pas qu’une question de désir physique. Samuel Vuong
Le roi de l’évasion d’Alain Guiraudie, en salles le 15 juillet.
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Le Roi de l'évasion - Bande-annonce
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